Bonjour,
Cet article est légèrement différent de celui publié sur la messagerie électronique. A l’origine, il ne s’agissait pas de faire une revue linéaire de l’informatique, un sujet bien trop vaste qui dépasserait cadre d’un simple blog, mais de rappeller les quelques personnes qui ont fait ce que l’informatique est aujourd’hui, une sorte d’hommage à tous ceux qui me donnent par leurs travaux du boulot aujourd’hui (Enfin, en dehors de Devoteam et de ses clients bien sûr). Certains noms vous seront familiers, quand aux autres, sans leur participation, il y a des chances que nous n’en ne serions pas là. Là encore, vos commentaires seraient très utiles afin de compléter cette liste des acteurs que j’aurais pu oublier et d’autre part, faciliter la lecture générale de ce post. (Houps : J’ai oublié de citer mon boss parmi la liste de ces pionniers du bit, et j’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur
)
Le terme informatique fut créé (en 1962 par Philippe Dreyfus) par la réunion des deux termes information et automatique. Il s’agit du traitement automatique de l’information.
LES PRINCIPES DE BASE
L’automatisme : L’une des traditions dans lesquelle l’informatique puise une partie de sa force est celle de l’automatisme. Un automate est une machine imitant les mouvements, les fonctions ou les actes d’un corps animé. Les premiers automates répondaient au principe de programmation, c’est-à-dire d’exécution d’une séquence finie d’évènements.
L’information : L’information analogique a comme support un signal continu, une oscillation dans une ligne électrique par exemple. L’information digitale désigne l’information codée de façon symbolique par des chiffres (par exemple, décimaux). Les ordinateurs traitent des informations digitales codées en base 2 (binaire). Le message transmis est alors constitué par des successions (ou paquets) de chiffres, sous forme de signaux binaires. Ce que l’on appelle la théorie de l’information, (Claude Shannon, 1948), fournit une mesure de quantité d’information dont l’unité est le «le bit» (Binary digIT ; digit = nombre d’où digitaliser = numériser). Le Bit, c’est la quantité d’information contenue dans le choix élémentaire entre deux possibilités également probables, comme dans le cas du lancer d’une pièce de monnaie pour obtenir pile ou face. L’une des premières utilisations du code binaire par une machine fut le métier à tisser de Jacquard. Joseph-Marie Jacquard (1752-1834) construisit en 1804 le premier métier à tisser entièrement automatique commandé par un système de cartes perforées : un tambour mobile soulève des crochets. Les trous -ou leur absence- sur les cartons qui défilent interviennent directement sur la position des fils déchaîne au moment du passage du fil de trame, commandant ainsi le motif du tissu.
Les calculateurs (Computer) : A la fin du XIXème siècle on assiste à une explosion d’innovations en matière de machines de bureau. Le principe du clavier est adapté (car il commençait à être utilisé sur des machines à écrire). Les «comptomètres» comportent donc des touches représentant des chiffres là où traditionnellement il fallait tourner des roues (comme dans la machine de Pascal) ou faire coulisser des curseurs dans des rainures. Trois grands types de calculateurs seront mis au point dans les années quarante : Les calculateurs numériques électromécaniques, les calculateurs numériques électroniques, les calculateurs analogiques. Les calculateurs numériques électroniques furent assez vite considérés comme plus avantageux en raison de la rapidité de commutation : on pouvait actionner un circuit ouvert/fermé plusieurs centaines de milliers de fois par seconde grâce à l’absence de tout frottement mécanique.
L’ordinateur moderne et son rôle dans les opérations militaires : La seconde guerre mondiale a joué un rôle décisif dans l’invention de l’ordinateur moderne. Plusieurs chercheurs, dont John Von Neumann, Turing, Zuse travailleront aux côtés de l’armée sur tous les fronts pour mettre au point des machines – modèles réduits du cerveau humain- permettant d’en comprendre mieux le fonctionnement et d’en faire un auxiliaire puissant dans la résolution de certains problèmes abstraits ou nécessitant la manipulation d’un très grand nombre de données. En 1943 le BRL (Balistic Research Laboratory – John Von Neumann était membre du conseil scientifique du BRL) était complètement débordé, il produisait 15 tables de calcul de tir par semaine alors que la demande était de 40. Des calculateurs humains (en majorité des femmes diplômées des collèges américains) étaient embauchés par centaines. En moyenne un calculateur humain mettait 3 jours pour calculer une seule trajectoire (il en fallait plusieurs milliers par table) alors qu’un analyseur différentiel calculait en 15′ (mais il fallait une à deux heures de câblage à chaque nouvelle opération !). L’ENIAC (Electronic Numerator, Integrator, Analyzer and Computer) ou «projet PX» (nom secret de l’ENIAC, classé secret militaire), opère la transition entre les derniers calculateurs et les premiers ordinateurs. La construction de l’ENIAC démarra en juin 1943 à la Moore school de l’université de Pennsylvanie et fut achevée en novembre 1945. L’ENIAC avait une grande vitesse de fonctionnement, était programmable et universel. Mais pour programmer l’ENIAC, il fallait tourner à la main des milliers de commutateurs et brancher spécialement des centaines de câbles.Lors de sa première démonstration publique en 1946, l’ENIAC additionna 5.000 nombres en une seconde et calcula en 20 secondes la trajectoire d’un projectile qui mettait 30 secondes pour atteindre sa cible (là où un calculateur humain mettait 3 jours !). C’était une machine énorme composée de 40 panneaux disposés en fer à cheval qui pesaient environ 30 tonnes et avaient une surface au sol de 160 m². Elle était actionnée par un moteur équivalent à deux puissants moteurs de voitures de 4 cylindres et produisait la chaleur de 50 chauffages domestiques. On disait (mais c’est une légende) que lorsqu’elle se mettait en marche toutes les lumières du quartier de Philadelphie Ouest s’éteignaient. En parallèle, en Angleterre, la machine Colossus (mise au point par Alan Turing) était utilisée au nord de Londres pour le décryptage des messages codés de la marine allemande avec Enigma. Colossus exécutait plusieurs millions de permutations de clés afin de décrypter automatiquement les messages allemands. Le 20 Avril 1951 un test eut lieu au cours duquel un avion fit inopinément irruption dans le ciel du Massachusetts. Repéré par un radar d’alerte il apparut sous forme d’un point brillant sur un écran du Whirlwind (prototype des ordinateurs destinés à cet usage) avec la mention T (pour target:=cible). Un avion intercepteur dont le point sur le radar était accompagné d’un F (pour Fighter:intercepteur) est alors dirigé sur la cible. L’ordinateur calcule la trajectoire d’interception et guide l’intercepteur sur la cible. L’innovation centrale était ici que, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, un dispositif non humain était utilisé pour traiter de l’information et décider de la réponse appropriée en temps réel et dans un environnement changeant. La société IBM fut fortement impliquée dans la construction d’ordinateurs pour la défense. Il faut attendre la mise au point du réseau SABRE (SABRE = Semi-automatic Business-related Environment.) par IBM dans les années soixante (système télématique de réservation des places d’avion de la compagnie American Airlines) pour que l’ordinateur soit utilisé dans le civil comme système d’information.
L’algorithmique : L’objet de l’algorithmique est la conception et l’optimisation des méthodes de calcul en mathématiques et en informatique. Le terme d’algorithme (qui s’origine dans le nom du mathématicien persan Al Khwarizmi) est une notion assez ancienne que l’on trouve dans un traité d’algèbre du VIIIème siècle. Il a trouvé sa forme achevée grâce au mathématicien anglais Alan Turing. Un algorithme (ou procédure effective chez les anglo-saxons) est l’ensemble des règles permettant la résolution d’un problème donné. Ces règles se présentent sous forme d’une suite d’opérations élémentaires obéissant à un enchaînement déterminé. Turing a décrit une machine hypothétique consistant en une bande de papier sans fin et un pointeur qui pouvait lire, écrire ou effacer un symbole, déplacer la bande vers la droite ou vers la gauche, pointer une des cases du papier et s’arrêter. Avec un dispositif aussi simple, tous les problèmes que l’on pouvait décrire étaient susceptibles d’être résolu par une machine (à mémoire infinie). La voie était donc toute tracée vers la conception d’une machine réalisant effectivement le traitement automatique de l’information. Turing proposa en 1950 un «test» connu sous le nom de «jeu de l’imitation» pour déterminer si les machines pouvaient penser. Des neurophysiologistes de leur côté (McCulloch et Pitts) identifient complètement le système nerveux à une machine logique, un «automate fini» fonctionnant sur le modèle d’une machine de Turing. L’originalité de cette hypothèse était que les réseaux de neurones y étaient considérés comme ayant une activité binaire. Il y avait donc une identité parfaite de la pensée et de son incarnation dans le système nerveux. Les progrès en matière d’informatique n’iront pas à la même vitesse selon que l’on considère les principes de base, les langages ou les composants. Les principes de base mis au point en 1945 et qui déterminent l’architecture des ordinateurs n’évolueront pratiquement pas. Les langages de programmation connaîtront eux une certaine progression. Le matériel, enfin, se perfectionnera sans cesse et constituera la vitrine de l’informatique toute entière.
Les langages de programmation : Un programme sert à transformer un problème concret en une suite de procédures logiques et abstraites formulées de telle sorte qu’une machine effectuant un petit nombre d’opérations logiques puisse les traiter sans erreur. Un langage de programmation est un ensemble d’instructions qui permettent la transcription du problème considéré. Il faut interposer entre le «code» utilisé par la machine et le problème posé, un autre langage, traduisible dans le code de la machine et compréhensible par quiconque ne connaît pas le code. Là où l’ordinateur se contente dans son code de ce que deux chiffres à additionner soient représentés par des nombres binaires et l’opération d’addition ou de soustraction par un autre nombre binaire, un langage de programmation prévoira que l’utilisateur tape au clavier par ex : SOU, suivi de deux chiffres exprimés en décimal. Cette instruction claire pour l’être humain sera traduite en code-machine et traitée comme telle par l’ordinateur. De même toutes les instructions utiles au fonctionnement d’un ordinateur – par exemple : début, stop, mettre dans tel endroit de la mémoire, imprimer etc… – peuvent être exprimées dans un langage de programmation sous la forme de symboles proches du langage naturel. Le premier rédacteur d’un tel langage fut Alan Turing. Ce langage contenait cinquante instructions qui étaient automatiquement transcrites en binaire par l’ordinateur. L’une des premières grandes figures de la programmation fut une femme Grace Murray Hopper qui termina sa carrière comme capitaine dans le corps de réserve de la marine après s’être engagée volontaire durant la dernière guerre mondiale. Elle développa sur l’UNIVAC 1 ce qui fut appelé la «programmation automatique», un programme interne qui transformait les instructions de l’utilisateur en instructions-machines codées en binaire. Elle développa ce que l’on appelle un système de compilation utilisant des mots à la place des symboles mathématiques. Le premier véritable langage de programmation fut le FORTRAN (FORmula TRANslation) mis au point sur l’IBM 701 de 1953 à 56. L’ordinateur n’était pas conçu pour en lire et exécuter directement les instructions. Il fallait donc écrire un programme intermédiaire, le compilateur, qui traduisait tout programme dans le langage codé de la machine. Le FORTRAN pouvait donc fonctionner sur n’importe quel ordinateur, mais, pour chaque modèle il fallait un compilateur approprié.Le langage FORTRAN était plus particulièrement dédié aux calculs scientifiques. D’autres langages de programmation seront conçus, le COBOL (Common Business-Oriented Language) développé par Grace Murray Hopper, sera dédié aux applications administratives, commerciales, et au secteur tertiaire en général. Sa mise en place date de 1960 et fut financée par le département de la Défense américain dans le but de disposer d’un langage indépendant du modèle d’ordinateur. L’ALGOL (ALGOrithmic Language) est un langage très théorique mis au point en 1960 par des européens. Peu utilisé, il fut très étudié comme modèle. LISP, PROLOG, langages dédiés à l’intelligence artificielle ainsi que PASCAL ont apporté quelques progrès en matière de programmation. Le BASIC (Beginner’s All-purpose Symbolic Instruction Code), conçu pour la micro-informatique et pour écrire des programmes courts, s’adressera pour l’essentiel à des non-initiés. Cette liste n’est pas exhaustive…
Les composants : L’architecture : Les quatre éléments fondamentaux d’un ordinateur sont : La mémoire qui stocke les informations et les programmes, l’unité logique qui traite l’information, l’unité de contrôle qui organise le fonctionnement interne de la machine, les différents organes d’entrée et de sortie (claviers, écrans, imprimantes etc). Que ces éléments soient dans des armoires séparées ou intégrés au sein d’une même «puce» ne change rien. L’architecture de base est toujours la même. Si les tores de ferrite et les lampes à vide ont constitué les mémoires des premiers ordinateurs modernes, elles ont rapidement été supplantées par une révolution : le transistor.
Le transistor (transfer conductance resistor) : Inventé par William Bradford Shockley, John Bardeen et Walter H. Brattain chez Bell Labs en 1947 – et en particulier celui réalisé en silicium (les premiers semi-conducteurs étaient en germanium) fut utilisé pour remplacer les lampes à vides afin de confectionner les unités logiques de traitement de l’information. L’étape suivante fut la mise au point du circuit intégré (IC) base de la miniaturisation des composants. Le circuit intégré est une petite plaque où sont superposées des couches successives de matériaux, comme l’aluminium, qui permettent de graver dans la matière, des transistors, des amplificateurs, des résistances et des circuits de connexion permettant aux informations de circuler sous une forme binaire et d’y être stockées et traitées logiquement. Il n’aura fallu que 25 ans pour révolutionner le monde du traitement de l’information : En 1955, William Bradford Shockley quitte Bell Labs et crée sa propre société : Shockley Semiconductor. En 1956, il reçoit le prix Nobel de physique avec ses anciens collègues de Bell Labs, pour leurs travaux sur les semi-conducteurs et la découverte de l’effet transistor. Toutefois, la firme du prix Nobel périclite et en 1957, Fairchild Semiconductor, une toute jeune entreprise sera créée par huit collaborateurs “sécessionnistes”. Fairchild devient rapidement la société initiatrice de ce qui est aujourd’hui appelée la “Silicon Valley”. A cette époque, Fairchild compte parmi ses employés les plus brillants Jean Hoerni, Robert Norton Noyce, et Gordon Moore. En 1958, Jack Kilby, un nouvel ingénieur employé par Texas Instruments crée durant l’été le premier circuit intégré. En 1968, Gordon Moore et Robert Norton Noyce quittent Fairchild, et fondent la communauté Moore Noyce Electronics, rapidement rebaptisée Intel. Quelques temps après, Andy Grove les rejoint pour constituer le triumvirat de choc qui conduira Intel à son actuel leadership. En 1970, la firme Fairchild produit la première mémoire intégrée sur une puce (attribuée à Robert Norton Noyce) suivant un principe analogue à celui du circuit intégré créé par Jack Kilby. Il s’agissait alors d’une «mémoire morte» (ROM: Ready-Only Memory) que l’on peut uniquement lire. La même année, Intel produit la première mémoire vive (RAM: Random-Access Memory, mémoire dans laquelle on peut lire, effacer et écrire les informations. En 1971, Intel réalise le premier «microprocesseur», le « 4004 » (qui contient plusieurs milliers de transistors) et qui réunissait et intégrait dans un même ensemble miniature les unités du traitement logique et la mémoire. Ces performances ouvrent la voie à la conception des premiers micro-ordinateurs.
Le micro-ordinateur : Dès le début des années 1960, IBM (Intelligent Business Machines), décide de lancer une série d’ordinateurs de différentes puissances compatibles entre eux. L’invention de la notion de compatibilité signifiait qu’on pouvait changer de machines sans réécrire les programmes… à condition de rester IBM! La série 360 s’impose rapidement comme norme du système d’exploitation de la machine. L’une des innovations de la série 360 fut la mise au point du code EBCDIC (pour Extended Binary Coded Decimal Interchange Code). Enfin la série 360 innovait également sur le plan de la mémoire. Désormais la case mémoire minimale sera le caractère de 8 chiffres binaires nommé octet. La mémoire de l’ordinateur est donc formée par combinaison de ces briques de base que sont les octets. Le fameux Ko, qui mesure la taille de la mémoire (Ko pour kilo-octet) vaut 1.024 octets (1024 = 210), donc 1.024 caractères. Tous les assemblages de mémoire sont donc des multiples de 8. Ainsi, 16Ko, 64Ko …. Les ordinateurs deviennent de plus en plus petits (les mini-ordinateurs PDP 1 à 8 avaient la taille de gros réfrigérateurs domestiques). Les premiers micro-ordinateurs dont les prototypes sont de Digital voient le jour en 1973. A cette occasion fut inventé le disque souple (floppy disc). Mais IBM et Digital jugèrent à l’époque qu’il n’y avait pas d’usage concret immédiat pour ce genre de machine. Le premier Apple date de 1977 et le PC (Personal Computer) d’IBM de 1981. Le micro-ordinateur est né du projet social (début des années 1970) d’un groupe radical américain qui avait surtout comme souci la démocratisation de l’accès à l’information, plutôt qu’un désir d’innovation technique. Un groupe d’étudiants de Berkeley crée en 1970 (en pleine lutte contre la guerre du Viet-nam) la revue radicale People’s Computer Company. Une première réalisation de ce projet politique sera Resource One, une sorte de communauté informatique installée derrière un local d’artistes de la banlieue de San Francisco et organisée autour d’un IBM XDS-940. Une «base de données urbaines» accessible à tous collectait toutes les informations utiles aux activités communautaires de la région. Un second projet vit rapidement le jour en Août 1973 : Community Memory (mémoire communautaire), qui utilisait un réseau de terminaux dispersés dans toute la région. L’objectif était toujours une «démocratie directe en matière d’information». Ces objectifs semblaient rejoindre ceux de Norbert Wiener pour l’avènement d’une société de communication transparente et pacifique. Le premier véritable micro-ordinateur commercialisé, l’ALTAIR, fut mis au point à Albuquerque en Californie. Plusieurs groupes réfléchissaient à la possibilité de créer une technologie alternative avec des moyens simples. Ces groupes s’appelaient : Loving Grace Cybernetics, IBM pour Itty-Bitty Machine Company, ou Kentucky Fried Computer en référence à la chaîne de restauration rapide de poulet, puis Apple dont le premier logo était formé d’un blason sur lequel on pouvait voir Newton sous un arbre où pendait la pomme, fruit de la connaissance! Le micro-ordinateur naquit donc au milieu de groupes plus ou moins hippies très sympathiques. L’Apple II de Stephen Wozniak et Steve Jobs construit dans un garage apporta rapidement la fortune à ses créateurs. Une partie des bénéfices fut investie dans le financement de deux gigantesques festivals rock en 1982 et en 1983. Le micro-ordinateur trouva rapidement des relais en dehors du mouvement contestataire et le gouverneur de Californie Jerry Brown l’encouragea fortement car disait-il «il est à l’origine d’une culture entièrement différente où l’information est l’égalisateur et met à bas la hiérarchie». L’annonce du modèle suivant d’Apple, le Macintosh s’accompagnera d’un slogan en continuité avec les origines de la micro-informatique : «Le principe de la démocratie tel qu’il s’applique à la technologie est : une personne, un ordinateur». IBM attendra 1981 pour lancer son Personal Computer. L’industrie des logiciels s’est beaucoup développée depuis 1975. L’un des enjeux est alors devenu la question de la compatibilité. Un logiciel donné (un programme de traitement de texte par exemple) ne peut fonctionner qu’avec un seul système d’exploitation (qui est le système qui traduit le programme dans le langage de l’ordinateur). IBM a choisi en 1980 comme système d’exploitation le MS-DOS. Tout constructeur d’ordinateur qui souhaite que ses machines puissent utiliser les nombreux logiciels fabriqués par et pour IBM se voit contraint d’utiliser le même système d’exploitation. Apple a maintenu son propre standard, MacOS. Ses machines ne sont donc pas compatibles IBM. Enfin, le système Unix, initialement développé pour de grosses machines, a été adapté pour tous les micro-ordinateurs (qu’ils soient compatibles IBM ou Mac) sous le nom de Linux. Microsoft, la société créatrice de MS-DOS, emboîte le pas de Xerox et d’Apple et développe Windows, une surcouche graphique pour MS-DOS. Unix s’embellit également de surcouche graphique. Un système ouvert, dans l’esprit des premières heures de la micro fait son apparition et devient le premier chef de bataille des anti-Microsoft : Linux. En 2001 : Apple lance le premier OS basé sur Linux grand public.
Chronologie de l’informatique
Les Chinois puis les Arabes utilisent très tôt (premier millénaire) des roues dentées munies d’ergots pour fabriquer des mécanismes d’horlogerie. Les bouliers (Abacus) sont utilisés en Chine.
820
Naissance de l’Algorithme : Un personnage qui ne fut pas reconnu avant de nombreuses années comme ayant participé à la création de l’informatique est Muhkamad ibn Musa Al’Khowarizmi, un clerc Tachkent qui développa au neuvième siècle après J.C. le concept d’une suite d’instructions à suivre pour atteindre un but, et écrivit un livre sur le sujet. Plus d’un millénaire plus tard, Ada Lovelace lui rendra honneur en nommant le processus logique de fonctionnement d’un programme «Algorithme».
1617
Les Os de Napier : John Napier effectue le premier écrit du point décimal (après qu’il eut été inventé en Suisse par un inconnu) et invente les logarithmes, ainsi que plusieurs machines à multiplier. La plus connue de ses machines était les «bones» (les os), bien que la plus ingénieuse et la moins connue de ces machines fut certainement le calculateur de jeu d’échec.
1622
Les règles à calculer d’Oughtred : William Oughtred invente la règle à calculer (à l’origine circulaire) basée sur les logarithmes de Napier, qui furent les premières «calculatrices» des ingénieurs du 19ème et 20ème siècle. Avec une précision de seulement trois chiffres, la règle à calculer offrait suffisamment de précision pour la plupart des travaux, mais n’était pas suffisante par exemple pour être utilisée en compatibilité.
1623
La machine de Schickard : Wilhelm Schickard décrit une machine qui combine les concepts des Napier (dans une forme cylindrique) avec un simple additionneur qui permettait à l’utilisateur de réaliser des multiplications sur des nombres à plusieurs chiffres plus facilement. Elle fut utilisée notamment par Johannes Kepler pour les calculs astronomiques.Malheureusement aucune copie originale de la machine de Schickard ne fut trouvée, et l’invention du premier additionneur retenue automatique en incombe bien souvent à Blaise Pascal : Il habitait en Allemagne du Sud, une région dévastée par la Guerre de trente ans.
1642
La Pascaline : Afin d’aider son père collecteur d’impôts à Rouen, Blaise Pascal travaille trois années durant sur une machine à effectuer des additions, soustractions et à convertir les nombreuses monnaies de l’époque les unes dans les autres : La Pascaline. La Pascaline est une boîte de cuivre rectangulaire sur laquelle 8 volants représentent les unités, dizaines, centaines, que l’on bouge avec un petit stylet. Lorsqu’un cadran effectue un tour complet à partir de 0, il incrémente d’une unité le cadran suivant, etc. Ce principe est à la base de la retenue automatique. Les valeurs de chaque cadran peuvent être lues dans une petite fenêtre située en haut du cadran.
1673 (1694 ?)
Le calculateur de Leibniz : Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), construit une machine effectuant automatiquement les additions, soustractions, multiplications et les divisions. Cette calculatrice utilise un tambour cranté et peut effectuer des multiplications en additionnant automatiquement et répétitivement un même nombre dans un accumulateur.
1801-1805
Le métier à tisser de Jacquard : Joseph-Marie Jacquard construit un métier à tisser mécanique utilisant les cartes perforées : un trou dans une carte laisse passer l’aiguille. Un plein la repousse. Une carte correspond au filage d’une trame et le tissage d’une pièce nécessite l’utilisation d’une suite de cartes : le programme. Une des caractéristiques fondamentales du métier à tisser de Jacquard est la séparation entre le «mécanisme de commande» et le «mécanisme d’exécution». La création de cette machine automatisée fut à l’origine de ce qui d’être la première manifestation contre le remplacement des humains par des machines !
1820
La machine à calculer de Colmar : Les calculateurs mécaniques commencent à se répandre. Charles Xavier Thomas de Colmar invente une machine qui peut effectuer les quatre opérations arithmétiques de base. Sa machine, l’Arithmomètre, pouvait effectuer additions, soustractions, divisions et multiplications. Grâce à ses capacités et sa facilité d’emploi, l’Arithmomètre fut utilisé jusqu’à la Première Guerre Mondiale. Plus de 1.500 exemplaires se vendront en 30 ans, et la machine obtint la médaille d’or de l’Exposition de Paris en 1855. Bien que des inventeurs aient amélioré plus tard l’Arithmomètre de Colmar, on peut dire que Pascal, Leibnitz et Colmar furent les précurseurs du calcul mécanique.
1822
Le Moteur Différentiel de Babbage : Charles Babbage termine une maquette de son Moteur Différentiel (Différence Engine). Babbage s’était aperçu que les instruments à calculer de l’époque, les tables mathématiques, célestes et de navigation, étaient pleins d’erreurs et causaient la perte de nombreux navires. Pendant ses études à l’Université de Cambridge, il suggéra qu’il serait possible de calculer ces données en utilisant une machine à vapeur. Il consacra dès lors sa vie à cette idée, concevant le Moteur Différentiel pour calculer automatiquement les valeurs de ces tables. Il demanda quelque temps plus tard une aide de la part du Gouvernement Britannique, et reçut ce qui fut certainement la première aide de l’Etat pour la recherche en informatique ; un événement qui se reproduira notamment plus de 100 ans plus tard lorsque le gouvernement Américain participa à la construction de l’ENIAC, à l’université de Pennsylvanie.
1833
Le Moteur Analytique de Babbage : Onze ans plus tard, Babbage revoit le concept de son Moteur Différentiel (Difference Engine), réalisant que celui-ci ne pourrait exécuter qu’une seule tache. Lorsqu’il conçoit son Moteur Analytique (Analytical Engine), en 1833, Babbage s’inspire de la technique des Jacquemart et de celle du Jacquard. Il définit alors les règles de construction d’une machine à calculer universelle : Le Moteur Analytique de Babbage comporte désormais : Une unité d’entrée pour communiquer le traitement de la machine. Une mémoire pour stocker les données et les résultats intermédiaires. Une unité de commande pour contrôler l’exécution du traitement. Une unité arithmétique et logique pour réaliser les calculs. Une unité de sortie pour lire les résultats. Le moteur analytique de Babbage possède tous les organes nécessaires au fonctionnement d’un ordinateur actuel, ce qui lui valut d’être nommé le «Père de l’Ordinateur», malgré le peu de documentation qu’il laissa derrière lui.
1842
Ada Lovelace, premier programmeur : Ada Augusta King, Comtesse de Lovelace, traduit l’article de Menabrea sur le Moteur Analytique de Babbage, ajoutant ses propres remarques, et devint par la suite le premier programmeur du monde en indiquant à Babbage comment «programmer» son Moteur Analytique pour lui faire exécuter tels calculs et inventant le mot «programme» (suite d’instructions à effectuer pour réaliser une tâche). Elle inventa le mot «Algorithme», une suite logique d’instructions à exécuter pour atteindre un but, en honneur à Muhkamad ibn Musa Al’Khowarizmi, le clerc Tachkent du 9ème siècle.
1853
La machine de Scheutz : La machine de Scheutz, également appelée Difference Engine, est le premier calculateur capable d’imprimer les résultats.
1854
Les Lois de Boole : George Boole décrit la logique symbolique avec ses «Lois de Boole», selon lesquelles tout processus logique peut être décomposé en un ensemble d’opérations logiques simples (ET, OU, NON) appliquées sur des opérateurs binaires (0 ou 1, Oui / Non, etc).).
1867
Invention du téléphone : Graham Bell invente le téléphone et fonde la Bell Telephone Company, qui jouera plus tard un rôle important dans le développement de l’informatique. Sholes et Glidden inventent et commercialisent la première machine à écrire sous la marque Remington.
1884
Naissance de la première organisation de normalisation : Création de l’American Institute for Electrical Engineering (AIEE). La première et plus ancienne organisation qui constituera plus tard l’IEEE en 1963. Cet institut restera célèbre pour la création du fameux standard de connections informatique utilisé dans les années 70, l’IEEE 488.
1889
La machine d’Hollerith : Hermann Hollerith (1860-1929) construit la première machine mécanographique, fonctionnant à l’aide de cartes perforées selon un code spécifique. À cette époque, le gouvernement Américain prévoyait qu’il faudrait environ 10 ans pour terminer le recensement à venir de 1890, à moins que quelqu’un ne trouve une meilleure méthode de calcul. Pour accélérer le traitement des données, presque toutes les questions posées par le bureau de recensement pouvaient l’être de façon binaire (oui ou non). Hollerith imagina donc de coder la réponse par un trou (ou non) dans une carte perforée et de détecter la présence ou l’absence de ces mêmes trous à l’aide d’un courant électrique. Chaque trou représente un chiffre, et une combinaison de deux trous une lettre. Jusqu’à 80 variables pouvaient ainsi être stockées sur une carte. La machine d’Hollerith utilise un système électromécanique, déjà beaucoup plus performant. Elle donna très vite naissance à une quantité d’autres machines mécanographiques destinées à des applications de gestion ou scientifiques. Bien qu’ayant ouvert la voie, en près de 50 ans, à l’avènement de l’ordinateur (et des grandes sociétés d’informatique comme IBM ou BULL) en créant un marché potentiel, la machine d’Hollerith porte en elle les causes de sa disparition : ne respectant pas l’architecture de la machine de Babbage, elle ne peut être utilisée pour réaliser un calculateur universel. Grâce à la machine d’Hollerith, les recenseurs Américains terminèrent le travail en 6 semaines à peine ! De plus, les cartes perforées servaient à emmagasiner les informations et réduire les erreurs de calcul. D’autres compagnies telles que Remington Rand and Burroughs construisirent également des lecteurs de cartes perforées pour les applications financières. Les secteurs financiers et le gouvernement utiliseront des cartes perforées jusque dans les années 60. Hollerith améliora par la suite son invention en lui apportant quelques fonctionnalités supplémentaires. La compagnie qu’il fonda pour construire ses machines mécanographiques (la Hollerith Tabulating Company, HTC en 1914) devint une partie de ce que nous connaissons aujourd’hui sous le nom d’IBM (International Business Machines). On parlait dès lors de Mécanographie. La machine d’Hollerith fut le premier calculateur à faire la première page d’un magazine. Le millionnaire : Le Français Léon Bollée, également fondateur des 24 Heures du Mans, crée une machine disposant d’une table de multiplication interne appelée Le millionnaire. Cette machine sera un grand succès et sera produite jusqu’en 1935.
1896
Fondation de la Tabulating Machine Company : Hollerith commercialise son lecteur de carte perforée dans les secteurs financiers, et fonde la Tabulating Machine Company en 1896, qui deviendra plus tard International Business Machines (IBM) en 1924.
1904
Invention du tube à vide : John Fleming invente le premier tube à vide, qui permettra bien des années plus tard de donner aux premiers ordinateurs de l’humanité un important gain de rapidité face à la technologie des relais électromagnétiques.
1906
Invention de la triode : Lee De Forest reprend les travaux de Sir John Ambrose Flemming, inventeur de la diode en 1904, et en ajoutant la grille à l’intérieur d’une diode, conçoit la triode, un composant électrique qui ne sera remplacé que bien plus tard par le transistor, et qui fut à l’origine de ce que l’on appelle communément en électronique «lampe».
1911
Première tentative de réalisation de la machine de Babbage : Leonardo Torres y Quevedo propose, juste avant la Première Guerre Mondiale, de réaliser une version électromécanique de la machine de Babbage. Le projet échoue faute de crédits. On lui doit néanmoins l’invention du mot «automatique» pour désigner la science des automates et le premier exemplaire d’une machine pouvant jouer (très mal !) aux échecs.
1912
L’Institute of Radio Engineers est créé, cette seconde organisation qui fusionnera pour fonder l’IEEE en 1963.
1917-1918
Les Aberdeen Proving Grounds commencent à travailler sur les tables balistiques utilisées dans la Première Guerre Mondiale.
1924
Naissance d’IBM : La Tabulating Machine Company créée par Hollerith devient IBM.
1928
La carte perforée, un nouveau standard : IBM adopte le format de carte perforée en 80 colonnes, qui deviendra le standard pour les prochaines 50 années à venir. 1930-1931 : Le calculateur différentiel de Vannevar Bush : Vannevar Bush (1890-1974) construit un calculateur pour résoudre les équations différentielles au MIT (Massachussetts Institut of Technology). Cette machine peut résoudre des équations différentielles complexes auxquelles des scientifiques et des mathématiciens avaient du mal à faire face.Le calculateur de Bush était cependant très encombrant, car utilisant des centaines de petits rouages et de transmissions pour représenter les chiffres et leurs imbrications mutuelles. Malgré cela, 7 ou 8 exemplaires furent construits.
1933
IBM présente l’IBM 601, dite « Multiplying Punch ». 8 X 8 est obtenu en 6 secondes.
1934
L’analyseur différentiel de la Moore School est opérationnel.
1935
Alan Turing : Alan Turing s’intéresse aux travaux de mécanique quantique de John Von Neumann, ce qui l’amène à étudier les probabilités et la logique. En 1935, il met au point le concept d’une machine universelle, qui formalise la notion de problème résoluble par un algorithme. Cette machine de Turing est capable de calculer tout ce qu’un processus algorithmique est capable de faire. Par essence même, les ordinateurs modernes sont des réalisations concrètes des machines de Turing.
1936
Konrad Zuse : Konrad Zuse dépose un brevet sur sa mémoire mécanique. Enfin publié, le livre d’Alan Turing «On Computable Numbers, with an Application to the Entscheidungsproblem » offre une base théorique pour les logiciels dédies aux ordinateurs modernes.
1936-1939
L’ABC : John Vincent Atanasoff et John Berry construisent l’ABC (pour Atanasoff-Berry Computer) à l’université de l’Iowa, USA, pour répondre aux problèmes des équations linéaires en physique. Cette machine fut le premier calculateur à utiliser l’Algèbre de Boole et utilisait des lampes. Etant peut-être bien le premier véritable exemple de calculateur électronique, l’ABC utilisait certains concepts de base qui apparurent plus tard dans les ordinateurs «modernes», tels que l’unité arithmétique et logique (ULA ou ALU) électronique et la mémoire cyclique (mémoire constituée de 2 tambours en rotation, qui pouvait stocker 60 mots de 50 bits). La machine tournait 60 Hz et pouvait réaliser une addition en une seconde et une multiplication en moins de 15 secondes.
1937
Le Model K : George Stibitz construit son Model K (K pour Kitchen table, table de cuisine), composé de condensateurs et de relais, démontrant la faisabilité d’un additionneur binaire électromécanique.
1938
Le Z1 : Konrad Zuse termine avec l’aide d’un de ses amis, Helmut Schreyer, sa première machine : le Z1. Bien que non-initié à la fabrication de calculateurs mécaniques, Konrad Zuse avait créé une mémoire mécanique (1936) d’un concept radicalement diffèrent de celles utilisées par les calculateurs de l’époque. Celle-ci pouvait stocker 16 nombres sur 24 bits. Un an plus tard il terminait le premier de ses calculateurs. Alors dénommé V-1 pour Versuchsmodell-1, le nom devint Z-1 afin d’éviter toute association aux tristement célèbres fusées Allemandes. L’unité arithmétique et logique pouvait travailler sur des nombres à virgule flottante, et une unité particulière avait pour tâche de convertir les nombres décimaux en binaire à virgule flottante et vice-versa. Les instructions étaient entrées non pas sur des cartes perforées, comme le voulait la mode de l’époque, mais sur un film de pellicule cinématographique de 35mm ; Cette idée lui avait été insufflée par son ami et ancien projectionniste Helmut Schreyer. Bien que la machine fonctionnait correctement, le design entièrement mécanique du Z1 ne lui permettait pas d’être construit par quiconque en avait envie. La mémoire mécanique du Z1, d’une capacité de 64 mots de 22 bits, bien que d’un concept brillant et qui restera la base des machines à venir de Zuse, présentait de sérieux problèmes de transmission des données, car ce qui est facile à transmettre électriquement l’est déjà beaucoup moins mécaniquement, surtout d’un bout physique de la mémoire à un autre !Sa puissance de calcul lui permettait de résoudre des multiplications en 5 secondes.
1939
Début de travaux décisifs et Z2 : Avec le soutien d’IBM, Howard Aiken commence à travailler sur le MARK-I de l’Université de Harvard. Avril : Georges Stibitz et Samuel Williams démarrent la construction du Complex Number Computer (qui fut nommé plus tard Bell Labs Model 1) au Bell Telephone Laboratories. C’était le premier calculateur à relais électromagnétiques de Stibitz. Un an plus tard, cette machine sera pour la première fois de l’histoire de l’informatique utilisée via une ligne téléphonique, ouvrant la voie à la télématique, au temps partagé voir même des réseaux (1940). Ce fut la première machine basée sur la technologie des tubes à vide. Konrad Zuse termine le Z2, composé de relais électromagnétiques de récupération (provenant d’une bonne part d’appareillages téléphoniques) pour la partie arithmétique, et de la mémoire mécanique du premier Z1. Mais à cause de son hybridité électrique/mécanique, le Z2 n’était pas assez sûr, mais son but était avant tout pour Zuse d’acquérir les faveurs de la DVL (Deutsche Versuchsanstalt furLuftfahrt, Institut de Recherche Aéronautique Allemand) pour la construction d’un ordinateur entièrement à relais, le Z3.
1940
Le Complex Number Computer : 8 Janvier : Georges Stibitz et Samuel Williams des Bell Telephone Laboratories terminent le Complex Number Computer (connu un plus tard sous la dénomination Bell LabsModel 1). Celui-ci travaille en DCB (Decimal Code Binaire). Composé de 450 relais électromécaniques, il pouvait multiplier deux grands chiffres en une minute. 11 Septembre : Durant un meeting de l’American Mathematical Society au Dartmouth College, le docteur Georges Stibitz utilise un télétype pour transmettre un problème à résoudre au Complex Number Calculator basé à New York et pour recevoir les résultats. Cette expérience est considérée comme étant le premier exemple mondial de travail commandé à distance, une technique qui révolutionnera la dissémination de l’information au travers des réseaux téléphoniques et informatiques. Le télétype avait été placé à l’extérieur des salles de conférence du Darmouth College à l’occasion de la conférence annuelle «American Mathematical Society». Parmi ceux qui eurent l’opportunité de tester le système se trouvaient Norbert Wiener et John Mcauchly.
1941
Le Z3 : Konrad Zuse termine le Z3, un calculateur doté de 2.600 relais électromécaniques, dont 1.400 pour la mémoire, et 600 pour l’unité arithmétique et logique. La mémoire centrale est toujours de 64 mots, mais leur taille est dorénavant de 22 bits (14 pour la mantisse, 7 pour l’exposant, et un bit de signe). Afin de limiter l’usure des relais par les étincelles intervenant lors de la fermeture des contacts, Zuse inventa un astucieux système basé sur un tambour rotatif truffé de balais qui avait pour but de retarder le passage du courant dans les contacts du relais. Le Z3 pouvait effectuer non seulement les opérations arithmétiques de base (addition, soustraction, division, multiplication) mais aussi calculer la racine carrée d’un nombre. Sa vitesse était sensiblement la même que le MARK-I de l’université de Harvard : trois multiplications par seconde; Mais la représentation des nombres à virgule flottante le rendait plus flexible que le MARK-I. Elle fut malheureusement détruite au cours d’un bombardement Allié en Avril 1945.
1942
J.Presper Eckert et John Mauchly propose à l’Armée Américaine de réaliser une version électronique de l’analyseur différentiel de Bush. Cette proposition les amena à concevoir l’ENIAC.Georges Stibitz invente l’arithmétique flottante qui permet de coder de très grands nombres grâce aux puissances de 10 (ou de 2).
1943
Le MARK-I : Le MARK-I, originellement appelle Harvard-IBM Automatic Sequence Controlled Calculator (ASCC) et construit par IBM et l’université d’Harvard, couvre une surface de 25 m2 et consomme 25 KW. Son architecture avait été développée par Howard Aiken, qui lui-même s’était inspiré des idées de Thomas Watson en 1937. Il fut construit dans le cadre de l’IBM Research Laboratory & Endicott. Sa mission : calculer des tables mathématiques et de navigation. Mais le MARK-I n’était pas un ordinateur à programme enregistré, mais suivait les instructions contenues sur un rouleau de papier.Quelques temps plus tard, le MARK-I fut modifié afin de permettre à la machine d’aller lire des instructions sur plusieurs lecteurs de cartes perforées : cette faculté lui permit de réaliser des sauts conditionnels aussi bien que le lancement de sous-programmes. Décembre : Le Robinson, puis après lui le Colossus est finalisé au Bletchley Park afin d’assister l’armée à briser les codes secrets de l’Armée Allemande. Il est composé de 1.500 tubes à vide, mais ne fut découvert que dans les années 70, lorsque les services secrets Anglais voulurent bien le dévoiler au public. Il fut construit sous le nom Opération Ultra par le Telephone Research Establishment, sous la direction de Tommy Flowers et devint opérationnel en 1944. Il joua un rôle important dans le décryptage des messages Allemands lors du débarquement de Normandie.Alan Turing est un des principaux contributeurs des recherches menées à Bletchley Park visant à casser le code secret de la machine Enigma utilisée par les Nazis. Toutefois, le travail de Turing sur le déchiffrement du code Enigma lors de l’opération Ultra fut tenu également secret jusque dans les années 1970. La construction de l’ENIAC commence à la Moore School of Engineering, université de Pennsylvanie, sous la direction de John Brainerd et Alan Dean, tandis que John Mauchly et J.Presper Eckert seront responsables de son implémentation. Herman Goldstine servait quant à lui de liaison avec l’Armée Américaine Le Projet Tourbillon (Whirlwind Project, un simulateur de vol analogique) débute au Massachusetts Institute for Technology (MIT)
1944
Le premier «bug» : Juin : Alors qu’elle programmait le MARK-I, premier ordinateur électromécanique, Madame le Capitaine Grace Hopper eut à résoudre le premier «bug» de l’histoire du logiciel : «Tandis que nous travaillions dans un immeuble non climatisé par une chaude et humide journée d’été, l’ordinateur s’arrêta. Nous finîmes par découvrir à l’intérieur d’un gros relais à signal un papillon de nuit grillé. Depuis ce jour, lorsqu’un officier entrait et nous demandait où en étaient les travaux, nous lui répondions que nous ‘déboguions’ le calculateur.» Elle colla le «bug» dans le livre de bord de l’ordinateur, qui est présenté de nos jours au Musée National d’Histoire Américaine de la Smithsonian Institution. Grace Hopper était la troisième personne à avoir programmé le MARK-I, les deux précédentes étant Ensigns Robert Campbell et Richard Bloch. Juillet : Deux accumulateurs de l’ENIAC sont opérationnels. Septembre : John Von Neumann visite les locaux de l’ENIAC. L’Armée Américaine étend le contrat de l’ENIAC pour inclure les recherches sur l’EDVAC, un ordinateur à programme enregistré. De son coté, Konrad Zuse complète son Z4 (Zuse deviendra Siemens, avec une capacité de 2200 relais, 64 mots de 32 bits, permettant de résoudre 11 multiplications par seconde.
1945
L’ENIAC : L’ENIAC (Electronic Numerical Integrator and Computer) est complété et testé à la Moore School of Engineering. Composé de 19.000 tubes à vide, 1500 relais, des centaines de résistances, condensateurs et inductances, consomment 174 KWatts d’électricité, pèse 30 tonnes et couvre une surface de 72 m2. Les programmes étaient entrés en ciblant les différentes parties de l’ordinateur et en modifiant 3.600 commutateurs. La programmation d’un problème d’environ mille instructions machine prenait environ une semaine. Les entrées-sorties étaient réalisées par des lecteurs ou perforeuses de cartes perforées. L’ENIAC était également capable d’effectuer des calculs en parallèle. Il tournait une horloge d’approximativement 100 KHz et pouvait effectuer environ 5.500 additions par secondes, 350 multiplications par seconde ou 40 divisions par seconde. 30 juin : John Von Neumann écrit «Fissa Raft of à Report on the EDVAC» qui fixera les règles de construction des ordinateurs à venir, notamment de l’EDVAC (Electronique Discrete Variable Automation Computer). De telles lois sont connues sous le nom d’Architectures Von Neumann. Le système de traitement de l’information d’après Von Neumann : Son concept de «programme stocké en mémoire centrale» fut l’objet de nombreuses controverses, notamment de la part d’Eckert et Maubèche qui clamèrent que cette idée leur était venue avant que Von Neumann ne les rejoignent sur le travail en cours à l’Université de Pennsylvanie. Même Konrad Zuse déclara avoir pensé à ce concept dans les années 30. Un premier langage de « haut niveau », mais illisible, appelé Plankalkul voit le jour, avec gestion des booléens, des structures et des branchements conditionnels.
1946
Le monde scientifique en effervescence (ENIAC, EDVAC, EDSAC, UNIVAC…) : 14 Février : Inauguration de l’ENIAC à Philadelphie. Mars : Eckert et Mauchly, qui s’étaient disputés avec l’Université de Pennsylvanie au sujet d’un dépôt de brevet, quittent l’Université pour créer leur propre firme, l’Electronic Control Company (ECC) (qui est également la première compagnie dédiée à l’informatique) afin de construire l’UNIVAC (UNIversal Automatic Computer). Eté 1946 : Une série de conférences données à la Moore School font du concept de l’EDVAC et de ses programmes enregistrés le modèle pour tous les ordinateurs à venir. EDVAC était capable de 1.200 additions/sec et 350 multiplications ou divisions/sec. L’Université de Pennsylvanie organise le premier colloque scientifique ayant pour thème l’informatique, à des scientifiques du monde entier se verront présenter l’ENIAC et le projet de l’EDVAC. L’un d’entre eux, Maurice Wilkes de l’Université de Cambridge, retournera en Angleterre pour construire l’EDSAC. Herman Goldstine invente les «flowcharts», les organigrammes.
1947
Le transistor : William Bradford Shockley, John Bardeen et Walter H. Brattain inventent aux Bell Telephone Laboratories la «résistance de transfert», connue plus tard comme le transistor, qui révolutionnera les ordinateurs en leur donnant une grande fiabilité et une taille sans cesse réduite pour des performances de plus en plus élevées. Mémoire à ligne de retard pour l’EDVAC en fonctionnement à la Moore School. Démarrage de la construction de l’EDSAC à Cambridge en Angleterre. L’ENIAC est déplacé aux Aberdeen Proving Grounds Création d’ACM.
1948
Le SSEC : IBM inaugure son SSEC (Selective Sequence Electronic Calculator) à New York, développé par le Watson Scientific Laboratory. Cette machine hybride est composée de plusieurs systèmes de stockage : 8 tubes à vide, 150 mots sur une mémoire à relais et 66 boucles de bandes papier pouvant stocker un total de 20.000 mots de 20 digits au format DCB. IBM verra en son SSEC le premier véritable ordinateur. Alan Turing joint l’équipe de l’Université de Manchester. L’Electronic Control Company devient l’Eckert-Mauchly Computer Corporation. Eckert et Mauchly reçoivent un contrat du bureau de recensement Américain pour construire l’UNIVAC (UNIversal Automatic Computer).
1949
BINAC et EDSAC : Août : Le BINAC est construit par l’Eckert-Mauchly Computer Corporation pour Northrop Aviation. C’est le premier ordinateur utilisant deux processeurs identiques en parallèle, dans le but de fiabiliser les résultats. Si les résultats des processeurs, après calculs, s’avéraient différents, la machine «plantait». L’EDSAC (Electronic Delay Storage Automatic Computer) entièrement opérationnel à Cambridge. C’est un ordinateur inspiré par l’EDVAC de Von Neumann. La mémoire, d’une taille de 512 mots de 17 bits, était composée de lignes à retard au mercure. La vitesse d’horloge était de 500KHz et les entrées-sorties s’effectuaient sur bandes de papier. Le Whirlwind par Jay Forrester et Ken Olsen au MIT, qui fut à l’origine des ordinateurs utilisés pour le réseau informatique de défense Américain SAGE (Semi Automated Ground Environment). Il fut développé entre 1949 et 1951.
1950
Entamant sa quatrième année depuis sa création, et pourtant avec un carnet de 5 commandes, l’Eckert-Mauchly Computer Corporation est vendue à Remington Rand, dû en partie à la difficulté d’obtenir des contrats durant la période McCarthy. A l’origine, Eckert et Mauchly voulait vendre à IBM. Le Z4 de Konrad Zuse est transporté à l’école polytechnique de Zurich puis modifié afin de pouvoir réaliser des branchements conditionnels. Lors de l’exécution d’un programme, 2 instructions étaient lues à l’avance et prétraitées : il s’agit donc de la première implémentation d’un pipeline dans un ordinateur. La machine sera utilisée jusqu’en 1955 puis transportée en France où elle servira jusqu’en 1960. Invention de l’Assembleur par Maurice V.Wilkes de l’université de Cambridge. Dans l’article « Computing Machinery and Intelligence » (Mind, Octobre 1950), Turing explore le problème de l’intelligence artificielle et propose une expérience maintenant connue sous le nom de test de Turing dans une tentative de définition d’un standard permettant de qualifier une machine de « consciente ». Egalement la même année, l’invention de l’Assembleur par Maurice V. Wilkes de l’université de Cambridge. Avant, la programmation s’effectuait directement en binaire.
1951
L’UNIVAC : L‘UNIVAC I (UNIversal Automatic Computer construit par Remington Rand Inc., est doté de 5.600 tubes électroniques et possède une capacité de stockage interne d’environ 10 Ko. Vitesse des opérations arithmétiques : de 0,5 millisecondes pour une addition à 3,9 millisecondes pour une division. Celui-ci sera délivré au bureau du recensement Américain pour la modique somme de 750.000$ avec une imprimante dite «rapide» au prix de 18.500$. Il était capable d’exécuter 8.333 additions ou 555 multiplications par seconde et 56 exemplaires furent vendus. Le dernier système UNIVAC sera arrêté en 1973. Invention par Grace Murray Hopper du premier compilateur A0, qui permet de générer un programme binaire à partir d’un code source. Mise au point du premier tambour magnétique ERA 1101, d’une capacité de 1 Mo. L’URSS : Création du premier ordinateur Soviétique MESM sous la direction de Sergei Alexeevich Lebedev à l’académie des Sciences d’Ukraine. France : La Compagnie des Machines Bull réalise son premier ordinateur : le Gamma 2.
1952
L’EDVAC : Le IAN est finalisé et opérationnel à l’Institut pour les Recherches Avancées (Institute for Advanced Study) à l’université de Princeton, ainsi que l’EDVAC à la Moore School. Les ordinateurs MANIAC et ORDVAC sont terminés. L’IBM 701, le premier ordinateur commercial à programme enregistré d’IBM est installé aux quartiers généraux de la firme. Cette machine utilisait une mémoire à tube cathodique de 2.048 ou 4.096 mots de 36 bits et pouvait réaliser 16.000 additions ou 2.200 multiplications par seconde. La première machine fut installée à Los Alamos pour le projet de bombe thermonucléaire. Un module de mémoire à tores magnétiques est ajouté à l’ENIAC IBM est contacté pour réaliser une cinquantaine d’ordinateurs pour le réseau SAGE dont le Whirlwind fut le prototype. Les AN/FSQ7 qui en découlèrent comportaient 75.000 tubes à vide, pesaient 275 tonnes et consommaient 750 KWh chacune. France : La Compagnie des Machines Bull commercialise le Gamma 3 qui remportera un grand succès : un millier d’exemplaires seront construits. Le premier ordinateur Français, le CUBA (Calculateur Universel Binaire de l’Armement), est construit par la société SEA.
1954
Alan Mathison Turing se suicide le 7 Juin 1954 à l’âge de 42 ans.
1955
La fin d’un mythe : L’ENIAC est définitivement mis hors service aux Aberdeen Proving Grounds. Les laboratoires Bell mettent au monde l’un des premiers ordinateurs utilisant des transistors, le TRADIC. Celui-ci amorce la seconde génération d’ordinateurs. Toutefois, dès 1953, un premier ordinateur à base de transistors est créé à l’Université de Manchester. Remington Rand Inc. qui commercialise l’UNIVAC est absorbée par Sperry Corporation. IBM lance l’IBM 704 développé par Gene Amdahl. Il s’agit de la première machine commerciale disposant d’un coprocesseur mathématique. Premier réseau informatique à but commercial : SABRE (Semi Automated Business Related Environment) réalisé par IBM. Il relie 1.200 téléscripteurs à travers les Etats-Unis pour la réservation des vols de la compagnie American Airlines. SABRE est directement dérivé de SAGE.
1956
IBM commercialise le premier disque dur, le RAMAC 305 (Random Access Method of Accounting and Control). Il est constitué de 50 disques de 61 centimètres de diamètre et peut stocker 5 Mo. (Pour le réseau de réservation aérienne «Sabre»). De son coté, le MIT développe le TX-0, un ordinateur à base de 3.500 transistors et 64K de mémoire à tores, une puissance de 83.000 additions/sec. Celui-ci aura un successeur, le TX-2.
1957
John Backus d’IBM crée le premier langage de programmation universel, le FORTRAN (FORmula TRANslator). Ken Olsen, participant au projet Whirlwind et l’un des architectes du TX-0 fondent une nouvelle société : Digital Equipment Corporation. Dans la même année, création de CDC Corporation, par William Noris. William persuade Seymour Cray, qui travaillait chez Sperry Corporation sur l’architecture des UNIVAC de le rejoindre. A Washington, John Von Neumann s’éteint le 8 Décembre 1957. Création du premier ordinateur soviétique transistorisé sous la direction de Mikhail Kartsev, le M1. Une série d’ordinateurs sur ce modèle furent fabriqués à partir de 1963 pendant 15 ans. Suite au lancement du premier Spoutnik par les Soviétiques, le président Dwight D. Eisenhower crée l’ARPA (Advanced Research Project Agency) au sein du DoD (Department of Defense) pour piloter un certain nombre de projets dans le but d’assurer aux USA la supériorité scientifique et technique sur leurs voisins Russes.
1958
Les premiers ordinateurs commercialisés à transistors, incluant l’UNIVAC Solid State 80 et le Philco S-2000, inaugurent la seconde génération d’ordinateurs électroniques de série. A la suite d’une conférence entre Américains et Européens, germe une idée de langage de programmation universel, l’ALGOL 58 (ALGOrithmic Language). Démonstration du premier circuit intégré chez Texas Instruments, créé par Jack Kilby Les laboratoires Bell inventent le premier Modem qui permettra de transmettre des données informatiques sur une simple ligne téléphonique. John Mc Carthy, qui fonda le département d’Intelligence Artificielle du MIT, créé le langage de programmation LISP (LISt Processing) qui fondera les bases de la programmation objet. Ce langage fut initialement développé sur IBM 7090. Pierre Chenus, Jean Bosset, et J.P. Cottet de la Compagnie des Machines Bull développent le Gamma 60, le premier superordinateur Français dédié au calcul intensif avec un support hardware du multithread. Cette machine très rapide et très en avance sur son temps sera fabriquée à 12 exemplaires. Lancement du premier ordinateur commercial entièrement transistorisé, le CDC 1604, développé par Seymour Cray. Juillet: Le premier bunker du réseau SAGE (système de défense Américain) devient opérationnel. L’ordinateur AN/FSQ7 (dont le WhirlWind de 1951 était le prototype) dans chaque bunker est capable de gérer 400 avions simultanément. Le dernier bunker du réseau SAGE fermera en Janvier 1984. Willy Higinbotham, physicien au Brookhaven National Laboratory crée le premier vrai jeu vidéo de l’histoire basé sur une machine dédiée construite à base de lampes. Il s’agissait d’un jeu très similaire au jeu Pong qu’Atari sortira en 1972
1959
Le MARK-I d’Harvard est mis hors service IBM annonce ses ordinateurs 1401, pour les finances, et le 1620 pour les scientifiques. Le langage COBOL (Common Business Oriented Language) est mis au point par le comité Codasyl (Conference on dataSystem Language). RCA distribue son ordinateur 501, livré avec le langage de programmation Cobol. Digital Research crée le PDP-1, certainement le premier ordinateur commercial à l’utilisation aisée. L’ATLAS de l’université de Manchester introduit deux nouvelles technologies fondamentales pour les ordinateurs modernes : la mémoire virtuelle et le multitâches.
1960
DEC distribue son premier ordinateur, le PDP-1, clairement inspiré du Whirlwind. IBM annonce le System 360, qui ne sera commercialisé qu’à partir de 1963. SpaceWar!, le second jeu vidéo de l’histoire (en fait le premier jeu vidéo interactif tournant sur ordinateur) est développé sur DEC PDP-1 par S. Russel, J.M. Graetz et W. Wiitanen, étudiants au MIT. Par la suite, DEC fournit gracieusement SpaceWar avec chaque machine vendue. Un étudiant de l’université de l’Utah où se trouvait un PDP-1 passa beaucoup de temps à jouer avec ce jeu. Il s’agissait d’un certain Nolan Bushnell qui fonda plus tard la firme Atari. Publication du cahier des charges du langage de programmation COBOL (COmmon Business Oriented Language). Il devient, après le FORTRAN, le second grand langage de programmation universel, faisant ainsi rapidement disparaître l’ALGOL.
1961
Fernando Corbato est à la tête d’une équipe du MIT qui conçoit l’un des premiers systèmes à temps partagé ou multiutilisateurs (CTSS-Compatible Time Sharing System). Lors de la démonstration, 3 utilisateurs se sont connecté simultanément sur un ordinateur pour y travailler comme si chacun disposait de sa propre machine. Le CTSS sera utilisé en production au MIT entre 1963 et 1973. La même année, IBM sort l’IBM 7030, révolutionnaire pour l’époque, avec 169.000 transistors, 96K de 64 bits et 16 Mo de stockage. C’est un échec commercial. L’IBM 7030 est arrêté après la construction de 10 exemplaires. Le modèle n’est qu’à peine 4 fois plus puissant que son prédécesseur (le 7090) sorti en 1959.
1962
Première notions de «multitâches» : Le système d’exploitation utilisé pour piloter la machine PDP-1 de Digital est le premier à introduire le concept de temps partagé ou «time-sharing». L’opérateur tapait des instructions sur un clavier pour commander le PDP. Utilisation des deux premiers systèmes de CAO : Sketchpad, du laboratoire Lincoln du MIT, et DAC-1 de General Motors. En France, Philippe Dreyfus invente le mot informatique pour désigner la science du traitement de l’information et des ordinateurs. Le docteur J.C.R. Licklider du MIT est nommé à l’ARPA pour diriger les recherches pour une meilleure utilisation militaire de l’informatique. Il avait écrit en Août une série de notes décrivant sa vision d’un “réseau galactique” permettant à toute personne d’accéder rapidement à toute information ou tout programme, où qu’il se trouve. Il convaincra ses successeurs, Ivan Sutherland, Bob Taylor et Lawrence G. Roberts du MIT de l’importance de ce concept de réseau. Le mathématicien canadien Kenneth Iverson crée le langage de programmation APL (A Programming Language). 1962 – Septembre 1964 : John Kemeny et Tom Kurtz du Dartmouth College développent le système d’exploitation DTSS (Dartmouth Time Sharing System) permettant à 32 personnes de se connecter simultanément sur un même ordinateur.
1963
La révolution du système 360 : Conçu par Gene Amdahl (360 pour 360°), le système s’inspire très largement de la technologie développée pour le 7030. Il s’agit d’une famille complète de machine dont la performance varie de 1 à 25 suivant les modèles. Tous les modèles sont compatibles entre eux, avec un système binaire 32 bits, arithmétique flottante, et pouvant adresser 2^24 de mémoire (16 Mo). IBM va alors tout parier sur cette nouvelle machine, et ce sera un énorme succès. L’architecture du 360 a fixé : le byte (8 bits) et les mots de 32 bits (4×8). Le projet MAC : Le projet MAC (Multi Access Computer) du MIT dirigé par John Mc Carthy a pour but de permettre à plusieurs personnes de travailler sur un même ordinateur en même temps pour éliminer les temps d’attente du traitement par lot. Lancé par le MIT, puis suivi par d’autres universités et industriels, le projet changera de nom pour devenir Multics. Développé à l’origine sur du matériel General Electrics 645, IBM se retirera du projet à la suite de discussions orageuses entre Gene Amdahl et le MIT, en refusant de s’intéresser au problème de la segmentation sur le 360 pour Multics. Ce différent aura des répercutions majeures en faisant disparaître progressivement IBM du monde universitaire. Une dizaine d’année plus tard, Robert Metcalfe (inventeur d’Ethernet) et Bob (Robert) Franckston (inventeur de VisiCalc) y travailleront. Le DEC PDP-6 est lancé, avec un écran « graphique ». 20 machines seront fabriquées, dont une pour MIT au « Tech model Railroad club ».Aux Etats-Unis, Teletype développe le prototype de la première imprimante à jet d’encre : la Teletype Inktronic. La version commerciale de cette imprimante disposait de 40 buses fixes permettant d’imprimer des caractères ASCII sur 80 colonnes reçus par une liaison 1200 bauds. Au MIT, Ivan Sutherland met au point le premier logiciel graphique interactif utilisant un stylo optique pour dessiner sur écran des schémas techniques.
1964
Le début des « cloneurs »
RCA sort la série des ordinateurs SPECTRA 70, qui sont compatibles avec le 360 et moins chers. Wang commercialise la Wang 300, première calculatrice électronique. Invention du langage Basic Invention du langage Basic (Beginner’s All-purpose Symbolic Instruction Code) par John Georges Kerneny et Thomas Eugene Kutz au Dartmouth College. il fut conçu de façon à permettre aux étudiants des filières non scientifiques d’utiliser les ordinateurs. En effet, à l’époque, l’utilisation des ordinateurs nécessitait l’emploi d’un langage de programmation dédié, ce dont seuls les spécialistes étaient capables.
Création du code ASCII (American Standard Code for Information Interchange), normalisé en 1966 par l’ISO pour simplifier l’échange de données entre ordinateurs. Malgré cela, IBM maintient sa propre norme propriétaire EBCDIC (Extended Binary Coded Decimal Interchange Code).
Lancement du super ordinateur CDC 6600, d’une puissance de 3 Mips, développé par Seymour Cray. Sa mise au point sera délicate mais ce sera un grand succès. Control Data rencontrera de gros problèmes à cause d’IBM qui annoncera presque aussitôt le super ordinateur IBM 90 concurrent direct du CDC 6600. L’annonce de cette machine non existante avait pour but de retenir les clients d’acheter un CDC 6600 en attendant la sortie de la machine IBM. IBM tentera à nouveau la même opération lors de la sortie du CDC 7600 en 1969 mais sera cette fois-ci lourdement condamné pour ce genre de pratiques.
Le MIT s’allie avec General Electric et les Bell Labs d’AT&T dans le projet Multics (Multiplexed Information and Computing Service) qui durera plusieurs années pour développer un prototype de nouvel ordinateur ainsi qu’un nouveau système d’exploitation temps partagé (time sharing). Le MIT et Bell Labs avaient déjà une expérience dans le domaine avec CTSS (MIT Compatible Time-Sharing System) et BESYS. Le but du projet était de créer un système d’exploitation pour ordinateur parfaitement fiable, capable de tourner 24H sur 24, 7 jours sur 7, utilisable par plusieurs personnes à la fois et capable en même temps de faire tourner des calculs en tâche de fond.
1965
Développement du super ordinateur soviétique BESM-6 sous la direction de Sergei Alexeevich Lebedev de la société ITMiVT. Cette machine équipée d’une processeur 48 bits à 9 MHz et de 192 Ko de mémoire à tores de ferrite développait une puissance de 1 MIPS. Cette machine d’usage civil et militaire sera fabriquée à 350 exemplaires jusqu’au début des années 80. Le dernier BESM-6 a été démonté en 1992.
Ted Nelson publie un premier papier sur le concept de nombreux types de documents informatiques reliés entre eux. Il utilise les mots hypertexte et hypermedia pour décrire ce concept, par la suite plus connu sous le nom de Xanadu.
Lawrence G. Roberts va, avec Thomas Merill, connecter l’ordinateur TX-2 au Massachussets avec l’ordinateur Q-32 en Californie par une liaison téléphonique. Cette expérience va prouver la faisabilité et l’utilité d’un réseau d’ordinateurs. Elle va aussi achever de convaincre Roberts de la supériorité de la commutation de paquet par rapport à l’utilisation de circuits dédiés comme ce fût le cas dans cette expérience.
Premier super ordinateur à architecture vectorielle : l’ILLIAC IV de Burrough. Il combinait une architecture parallèle et pipe-line composée de 64 processeurs (256 processeurs avaient été prévus), d’une performance de 200 Mips. Cette machine fut un échec du fait d’énormes problèmes de mise au point. Le projet commença en 1964. Le premier Illiac IV fut installé à la Nasa en 1972 et il ne fonctionnera vraiment qu’à partir de 1975.
Gordon Moore écrit que la complexité des circuits intégrés doublera tous les ans. Cette affirmation qui s’est par la suite révélée exacte est maintenant connue sous le nom “Loi de Moore”.
1966
Le «Plan Calcul» en France : Mai : Les premiers moyens systèmes Bull-GE (General Electric) s’appellent Gamma140. Ces machines marqueront le télétraitement en France jusqu’aux années 80. Juin : IBM impose sa loi et n’accepte plus de commandes de 360/90. 18 Juillet : Le «Plan Calcul» est lancé par Charles De Gaulle et son premier ministre, Michel Debré, pour s’affranchir des constructeurs Américains. Ce plan s’articulera entre la CAE (groupes CSF et CGE) et
la SEA (groupe Schneider). Premier calculateur à main chez Texas Instruments. Première liaison numérique MIC (Modulation par Impulsions Codées). Control Data CDC 6600. Conçu par Seymour Cray, ce fut le premier système exploitant un jeu d’instructions réduit de type Risc. Il utilisait des instructions de taille variable de 15 à 30 bits. Le langage de programmation LOGO est crée par une équipe chez BBN (Bolt Beranek & Newman) dirigée par Wally Fuerzeig dont faisait partie Seymour Papert. Ce langage très graphique est basé sur le principe d’une tortue que l’on pilote à l’écran en lui donnant des ordres (tourner, avancer, etc…). Création de la première console de jeu vidéo pour la maison par Ralph Baer : la Magnavox Odyssey I. Il s’agissait d’une console se branchant sur le téléviseur et disposant de 13 jeux sur 6 cartouches enfichables. Une option était disponible avec un pistolet à pointer sur la télé et 4 jeux additionnels l’utilisant. Comme Pong ressemblait beaucoup à l’un des jeux de cette console, Magnavox intentera plus tard un procès contre Atari pour violation de copyright.
1967
Création de l’INRIA : Novembre : Projet de loi portant sur la création de l’INRIA. L’Institut de Recherche en Informatique et Automatique aurait besoin de 6.000 ingénieurs par an ! Décembre : Serge Kampf, ancien directeur régional chez Bull-GE, crée à Grenoble la SSII Sogeti. Développement de la mémoire à bulle par A.H. Bobeck aux Bell Labs. Lancement du PDP-10 chez DEC et du B3200 chez Burroughs.
1968
Création d’Intel. Février : Univac lance le 9400 en France. Cette machine franchit les premiers pas vers la multiprogrammation et le temps réel. Septembre : L’Iris 50 de CII est né : c’est le premier ordinateur issu du Plan Calcul. Il a une mémoire de 256 Ko. Son système d’exploitation, Sirix II, prend 10 Ko. Création d’Intel Corporation par Gordon Moore et Robert Noyce. Le DEC PDP-8, le premier mini-ordinateur produit en grandes séries, dont 40.000 exemplaires seront vendus, et lancera ainsi la mode du « mini ». Douglas Engelbart, chercheur à l’Augmentation Research Center, Douglas C. Engelbart de la Stanford Research Institute fait une démonstration d’un environnement graphique avec des fenêtres à manipuler avec une souris. Il démontre dans cet environnement l’utilisation d’un traitement de texte, d’un système hypertexte et d’un logiciel de travail collaboratif en groupe.Hewlett-Packard présente sa première calculatrice de bureau programmable fonctionnant en notation Polonaise inversée (RPN), la HP 9100. Elle n’était pas constituée de circuits intégrés mais de transistors et d’une mémoire à tores de ferrite, ce qui explique sa taille et son poids de 20 Kg !
1969
Naissance d’UNIX. Mars : IBM entre dans la téléphonie avec son autocommutateur privé 2750 conçu en France (La Gaude). Cette machine électronique ouvre la voie de la télématique. Octobre : IBM décide de facturer séparément matériels et programmes d’applications. Le logiciel devient un produit à part entière. MiniSystem 3 chez IBM. Création de Data General par Edson de Castro (ex-DEC). Première conférence internationale sur l’Intelligence Artificielle. Compilateur Pascal par Niklaus Wirth. Ken Thompson développe en assembleur sur une machine PDP-7 le système d’exploitation multi-utilisateurs Unix. Plus tard, en 1973, ce même Thompson s’associera avec Dennis Ritchie, le créateur du langage C (1972), pour réécrire le noyau d’Unix dans ce langage. Brian Kernighan suggéra le nom d’Unix (« Unics ») en clin d’œil à Multics. Création de la norme de connexion série RS232.
1970
Les « minis » s’imposent. Premier mini-ordinateur 16 bits chez DEC, le PDP-11/20. Super-Nova chez Data General. Ce système va fixer le « packaging » de tous les futurs micro/minis en développant le concept de cartes enfichables. Premières livraisons aux US de l’IBM 370, ordinateur de 4ème génération. Gene Amdahl claque la porte d’IBM, et fonde sa propre compagnie Amdahl Corporation, qui clonera dès 1975 les systèmes 360/270 d’IBM. Création par Xerox du centre de recherches PARC (Palo Alto Research Center) à Stanford. Les chercheurs du PARC travaillent dans la plus grande liberté, Xerox ne leur ayant pas assigné d’objectifs commerciaux. De nombreuses innovations sortiront du PARC mais Xerox ne saura jamais les exploiter correctement. Il faut noter que plusieurs personnes du Xerox Parc ont avant travaillé avec Douglas Engelbart. L’équipe de recherche était dirigée par Bob Taylor qui avant avait dirigé l’équipe à l’origine du réseau ARPANET. Ken Thompson, pensant qu’UNIX ne serait pas complet sans un langage de programmation de haut niveau commence à porter le FORTRAN sur le PDP 7 mais change rapidement d’avis et crée en fait un nouveau langage, le B (en référence au BCPL dont il s’inspire). Première puce mémoire crée par Intel et contenant l’équivalent de 1.024 tores de ferrite très encombrants sur un carré de 0.5 mm de côté (capacité : 1kBit soit 128 octets)
1971
L’Intel 4004, le premier microprocesseur du monde. Janvier : Une étude du Bipe prévoit 220.000 informaticiens en 1975. Janvier à Mars : Portage du tout nouveau système d’exploitation Unix sur PDP 11/20. Ken Thompson et Dennis Ritchie ont obtenu cette machine en prétextant le développement d’un logiciel de traitement de textes, les responsables du Bell Lab ne voulant plus entendre parler de systèmes d’exploitation suite à l’abandon du projet Multics.IBM 370/135 et 195, inaugurant le concept de mémoire virtuelle. Nolan Bushnell tente de vendre sans succès le jeu vidéo Computer Space, inspiré du jeu Spacewar! de 1961. 1er disque souple chez IBM. Mini-ordinateur HP 3000. Intel 4004, premier microprocesseur de l’histoire, 4 bits plutôt pour calculatrices, créé par Marcian Hoff. 60.000 opérations par seconde, 108 KHz. The Bowman Brain, première calculatrice de poche avec mémoire : 250$. Gary Starkweather met au point la première imprimante laser au Xerox PARC.
Le journaliste Don Hoefler parle pour la première fois de la Silicon Valley dans une série d’articles dans la revue Electronic News.
Bill Fernandez et Steve Wozniak créent à partir de pièces mises au rebut par des sociétés d’informatique locales un ordinateur avec des switchs et des diodes qu’ils baptisent the Cream Soda Computer.
Automne 1971 : Le National Radio Institute vend pour 503 $, le premier kit permettant de monter un micro ordinateur soi même. Egalement l’apparition de l’ordinateur en kit Kenback-1 vendu 750 $ avec 1 Kbit de mémoire MOS.
1972
Premier microprocesseur 8 bits chez Intel : Ray Tomlinson de BBN réalise la première application réseau majeure pour Arpanet : un logiciel basique de courrier électronique répondant au besoin de communication des développeurs du réseau. Naissance de Cray Research (Seymour Cray) et de Prime Computer. Intel 8008, microprocesseur 8 bits, utilisé par les premiers micro-ordinateurs de l’histoire. Hewlett-Packard présente la HP-35, la première calculatrice scientifique pour un prix public de 400$. Création du premier langage orienté objet, SmallTalk par Alan Kay au Xerox PARC.
Bill Gates et Paul Allen fondent la compagnie Traf-O-Data qui vend un système basé sur un Intel 8008 pour mesurer le trafic routier. Septembre : Le gouvernement de Pierre Mesmer étudie un projet de loi pour créer un «tribunal de l’informatique», prémisse de la CNIL (Commission Nationale Informatique et Libertés). Lawrence G. Roberts améliore les possibilités du courrier électronique en écrivant un logiciel permettant de lister, lire sélectivement, archiver, répondre ou faire suivre son email. A partir de cet instant, la messagerie électronique va devenir pour les dix années qui vont suivre l’application réseau majeure.
Novembre : Création de la firme Atari par Nolan Bushnell et Ted Dabney. Ils avaient initialement choisi le nom Syzygy mais comme celui-ci était déjà déposé (!), ils se sont alors rabattus sur Atari, terme issu du jeu de Go. Sortie de la première borne de jeu d’arcade : Pong, un jeu de ping-pong programmé par Al Alcorn. La première borne fut installée au bar “Andy Capps” de Sunnyvale en Californie. Le patron du bar appela deux semaines après car le jeu ne marchait plus. En fait, il était bloqué car le monnayeur était rempli de pièces et plus aucune ne pouvait rentrer ! Entre 8.000 et 10.000 bornes Pong furent rapidement installées et ce fut le début du succès pour Atari.
L’ARPA est renommé DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency). Apparition du premier lecteur de disquettes 5″ ¼.
1973
Le premier micro-ordinateur du monde, le Micral N – Création du langage C : Février : Le Micral N de la R2E, basé sur un 8008 à 500Khz, premier véritable micro-ordinateur du monde, par François Gernelle et André Truong Trong Thi.Robert Metcalf et D.Boggs s’inspirent des travaux d’un professeur de l’université de Hawaï, Norman Abramson, pour inventer Alto Aloha Network, rebaptisé Ethernet, un réseau à commutation de paquet. Mars : IBM sort les disques 3340, issus de son projet Winchester. Un seul boîtier renferme disques, bras et têtes de lecture. Mars : Le premier prototype de la station de travail Xerox Alto démarre pour la première fois. Son écran graphique affiche une image représentant un personnage de “1 Rue Sésame”, le mangeur de gâteaux. Le premier prototype opérationnel est terminé en Avril. La station de travail conçue au PARC utilise le langage orienté objet SmallTalk, une interface graphique, une souris et peut être mise en réseau via Ethernet. Avril : CHB et SIHB fusionnent pour devenir la Compagnie Honeywell Bull. Juin : Le mot microcomputer (micro-ordinateur) apparaît pour la première fois dans la presse Américaine dans un article au sujet du Micral. Juillet : Unidata, fusion de Philips NV, Siemens et CII pour créer une gamme commune. Premier salon NCC à New York. Alain Comerauer développe Prolog à Marseille. Lancement du réseau Swift. Création du langage C (1971-1973) par Dennis Ritchie. Il reprend le langage B écrit par Ken Thompson pour PDP/7 en 1970 pour mieux l’adapter au PDP/11 sur lequel Unix vient juste d’être porté. Il fait évoluer le langage et le dote d’un vrai compilateur générant du code machine PDP/11. Mise au point du super ordinateur soviétique M10 sous la direction de Mikhail Kartsev. Il s’agissait d’une machine multiprocesseur d’une puissance de 20 à 30 MIPS. Cet ordinateur militaire est longtemps resté secret car utilisé dans le réseau SPRN dédié à la détection du lancement des missiles ennemis par analyse des données satellites et au suivi de la trajectoire de ces missiles par radar. Des dizaines de M10 ont été fabriqués pendant 15 ans et beaucoup sont encore en opération. Gary Kildall à la suite de la conception du langage PL/M, écrit le premier système d’exploitation pour micro-ordinateur porté sur plusieurs systèmes : CP/M (Control Program for Microcomputers). Il va devenir le système d’exploitation de prédilection pour les premiers micro-ordinateurs à usage professionnel. Au milieu des années 70, il semble devoir durer définitivement.
1974
Création de la carte à puce, Janvier : Premier ordinateur d’Unidata : le 7220, concurrent du bas de gamme IBM 370. Avril : Hewlett-Packard décide de fabriquer à Grenoble ses futurs minis – nom de code 21 MX – dans une usine prévue pour début 1975. Novembre : 4ème congrès mondial Internet à Paris. Intel 8080 (6 000 transistors). Naissance de Zilog. Motorola commercialise son premier processeur 8 bits, le 6800. Création du mot «logiciel» par Jean-Erick Forge, informaticien co-fondateur du CXP (Centre d’eXpérimentation des Packages). Le journaliste Français Roland Moreno invente la carte à puce. Gary Kildall, auteur du CP/M, et sa femme fondent Intergalactic Digital Research Inc. (renommé par la suite Digital Research Inc.). Helwett-Packard commercialise la HP-65, la première machine à calculer programmable. 100 pas de programme. 795$. Elle sera utilisée en 1975 sur la mission Apollo-Soyouz pour effectuer les calculs en cas de panne de l’ordinateur de bord et aussi pour calculer les corrections de trajectoire et le pointage de l’antenne. Fin d’année : 1er prototype du Micro-ordinateur Altair 8800 de Mits terminé.
1975
Le monde change et s’organise – Création de Microsoft. Janvier : L’IBM System 32 est commercialisé au prix de 200.000 FF. Février : Le premier traitement de texte WYSIWYG (What You See Is What You Get) : Bravo est développé au PARC sur Xerox Alto par Charles Simonyi. Mars : IBM abandonne le développement de sa Future Series. Un milliard de dollars dépensés en pure perte. Mars : Première réunion du Homebrew Computer Club dans un garage de Menlo Park en Californie. Parmi les 32 participants, on peut noter la présence de Steve Wozniak. Une démonstration de l’Altair est effectuée. Avril : Harry Garland et Roger Melen (de la revue Creative Computing) reçoivent le second prototype de l’Altair construit par Ed Roberts. Le premier prototype fût perdu en 1974 par le transporteur lors de l’envoi à la revue Popular Electronics. L’Altair est basé sur le nouveau processeur Intel 8080 tournant à 2 MHz, adressant 64 Ko de mémoire et exécutant 640000 instructions par seconde. Mits commence à le vendre en fin-Avril pour 395 $ (498 $ assemblé) avec 256 octets de mémoire. Le nom de cette machine vient d’un épisode de la série Star Trek : “Voyage to Altair”. Mai : Protocole d’accord pour fusionner Honneywell Bull et CII, ce qui donnera CII-Honeywell Bull (CII-HB), soutenue par l’Etat. «Il est regrettable qu’on en soit arrivé là» déclare Michel Debré, le promoteur du Plan Calcul. Super-calculateur Cray 1, à Los Alamos. Juin : Bill Gates et Paul Allen renomment leur compagnie Traf-O-Data en Micro-Soft (le tiret disparaîtra plus tard). Paul Allen présente son tout nouveau BASIC écrit pour l’Altair à Ed Roberts, son concepteur. Bill Gates et Paul Allen vendent une licence de BASIC à Mits, la compagnie d’Ed Roberts. Le Basic devient le premier langage évolué disponible sur micro. Septembre : Le premier numéro de la revue Américaine Byte magazine est publié. Premières expérimentations de liaison en fibre optique à 45Mbps aux laboratoires de la compagnie téléphonique Bell (650 mètres). Apparition du MOS Technologies 6502, basé sur l’architecture du Motorola 6800. Texas Instruments présente sa première calculatrice de poche programmable : la TI SR 52, 224 pas de programmes, lecteur enregistreur de cartes magnétiques, 395$. Michael Shrayer écrit le premier logiciel de traitement de texte pour micro-ordinateur sur son Altair : Electric Pencil. Décembre : Paul Terrell ouvre le premier magasin consacré à la micro-informatique : Byte Shop à Mountain View en Californie.
1976
Création d’Apple Computer. Février : Bill Gates publie une première lettre ouverte dans la presse pour se plaindre du piratage informatique. Mars-Avril : Steve Jobs (21 ans, travaillant chez Atari) et Steve Wozniak (26 ans, travaillant chez Hewlett-Packard) finissent leur ordinateur qu’ils baptisent Apple Computer. Ils fondent la société Apple le 1er Avril 1976. L’ordinateur sera vendu au Byte Shop pour 666,66 $ avec 256 octets de ROM, 8 K octets de RAM et une sortie vidéo sur téléviseur. Sa ROM lui permet d’être opérationnel dès l’allumage car elle contient un petit programme appelé “moniteur” qui permet de rentrer le code hexadécimal directement au clavier. Il suffit alors de rentrer les 4 K octets de code hexadécimal du Basic à la main pour pouvoir utiliser ce langage avec les 4 K octets restants. On raconte que Steve Wozniak connaissait le code par cœur et pouvait le saisir en 20 minutes
Avril : Bill Gates publie une seconde lettre ouverte dans la presse pour se plaindre du piratage informatique. Mai : IBM introduit en Europe son ordinateur portable à cassettes, le 5100 (27,5 kgs). Juin : Texas Instruments commercialise le premier microprocesseur 16 bits : le TMS 9900. Premier ordinateur à tolérances de pannes chez Tandem, le T/16. Microprocesseur Zilog Z80, clone compatible avec le 8080 d’Intel. L’ordinateur personnel IMSAI, copie de l’Altair. Naissance du CXP. Disquettes 5 pouces Shugart. IBM Série 1. HP1000.
1977
Février : Apparition aux Etats-Unis du terme «Personal Computing» avec les micros comme le Poly 88 de Digitronic ou le Pet de Commodore (5.000 FF). Avril : Annonce du Mainframe IBM 3033. Avril : Apple Computer présente son ordinateur Apple II lors du West Coast Computer Fair à San Francisco. Il est équipé d’un processeur 6502, de 16 Ko de Rom, 4 Ko de Ram, de 8 slots d’extension, d’une carte graphique couleur, d’un clavier, de manettes de jeu, d’un écran et du Basic intégré en ROM. Il est vendu 1.300 $. Il s’agit du premier micro-ordinateur capable d’afficher des graphiques en couleurs. 35.000 exemplaires seront vendus lors de la première année alors que seuls 175 kits de l’Apple I se sont vendus depuis 1976. Avril: Lors de ce même salon, Commodore Business Machines Inc. présente son ordinateur PET. Il est équipé d’un processeur 6502, de 14 Ko de Rom, 4 Ko de Ram, d’un clavier, d’un écran et d’un lecteur de cassettes. Il est vendu pour 800 $ (7.600 FF). Mai : Texas Instruments présente une nouvelle gamme de calculatrices de poche programmables qui auront un grand succès : les TI 57, TI 58 et TI 59 aux prix de 80 $, 125 $ et 300 $. Août : La division Radio Shack de Tandy présente son ordinateur TRS 80 Model 1. Muni d’un processeur Z80, de 4 Ko de Rom, de 4 Ko de Ram, d’un clavier, d’un écran et d’un lecteur de cassettes, la machine est vendue 600 $. 10.000 exemplaires seront vendus lors du premier mois. Novembre : Annonce du VAX 11/780 (Virtual Address eXtension), le premier mini ordinateur 32 bits de chez DEC. Naissance d’Oracle. Atari présente sa console de jeux Video Computer System ou VCS. Par la suite, elle sera vendue sous le nom d’Atari 2600. La société Belge InData commercialise son micro ordinateur DAI. Une véritable machine multimédia très en avance sur son temps : microprocesseur Intel 8080A à 2 MHz, 48 Ko de Ram, graphismes en 336×256 pixels en 16 couleurs, son sur 4 voies stéréo (enveloppe programmable), coprocesseur mathématique optionnel, ports série, parallèle, 2 lecteurs de micro cassettes, joysticks analogiques et surtout 6 entrées/sorties digitales/analogiques permettant de piloter des automatismes divers dont un bras robotisé sans oublier une carte optionnelle permettant l’incrustation d’images vidéo ! Malheureusement, tout ceci avait un prix : 15.000 FF, bien trop cher pour assurer le succès de cette machine de rêve. Première expérience de portage d’Unix sur un autre type d’ordinateur, l’Interdata 8/32, par Ken Thompson, Dennis Ritchie et Steve Johnson. A cette date, environ 600 machines tournent déjà sous Unix. Beaucoup sont des machines de recherche et de développement aux Bell Labs. Une partie est utilisée pour contrôler des autocommutateurs téléphoniques. Une dernière partie est utilisée dans les universités pour l’enseignement.
1978
Microprocesseur 8086 chez Intel et premier disque numérique chez Philips. Janvier : Votée par le Parlement après plus de 150 amendements, la loi Française «Informatique et Libertés» est enfin signée. Elle entrera en vigueur début 1980. Janvier : Apple présente son premier lecteur de disquettes lors du CES de Las Vegas. Il sera vendu 495 $. Février : Création du premier BBS (Bulletin Board System) à Chicago par Ward Christianson et Randy Suess. Il s’appelait RCPM (Remote CP/M). Ward Christianson est par ailleurs l’auteur du protocole de transfert de fichiers par modem XModem. Mai : Simon Nora et Alain Minc remettent au président de la République le rapport commandé en fin 1976 sur « l’informatisation de la société ». Mai : Intel lance la production de son processeur 16 bits 8086, premier processeur à architecture x86 tournant à 4,77 MHz. Il est composé de 29.000 transistors en technologie 3 microns et peut accéder 1 Mo de Ram. Sa puissance est de 0,33 MIPS et il coûte 360 $. Septembre : IBM annonce le Système 38, un mini-ordinateur haut de gamme. Octobre : Premier salon Comdex. Décembre : Après avoir déboursé 6 Milliards de francs en 12 ans, l’Etat met sur la table 2,25 Milliards supplémentaires pour le quatrième Plan Calcul. Décembre : Atari présente ses ordinateurs personnels Atari 400 et Atari 800 basés sur le processeur 6502A à 1,8 MHz et munis de 10 Ko de Rom et 8 Ko de Ram (16 pour le 800). Prototype Philips d’un disque optique numérique (DON) non effaçable au Laser. John Barnaby et John Rubinstein écrivent le premier logiciel de traitement de texte commercial pour micro ordinateur : WordStar et créent MicroPro pour sa commercialisation. Apple Computer commence à travailler sur un super Micro-Ordinateur. Nom de code Lisa.
1979
Microprocesseur Motorola 68000 et Minitel en France. Robert Metcalfe quitte Xerox pour fonder 3Com. Février : Naissance de la série E d’IBM.
La DGT installe sur toute la France son réseau de communication à haut débit TRANSPAC fonctionnant sur le principe de la commutation de paquets depuis 1978. Le 27 Mars, Inauguration de Transpac. Avril : Taito lance son célèbre jeu Space Invaders. Mai : Software Arts présente le premier logiciel tableur : Visicalc développé par Bricklin et Bob Frankston. 100.000 exemplaires à 200 $ chaque furent vendus la première année. Juillet : Lancement du programme national «10.000 micros dans les lycées». Premiers fournisseurs : Logabax avec son LX 500 et l’Occitane Electronique avec son X1. Décembre : Un groupe de développeurs de chez Apple dont Steve Jobs assiste à une démonstration de l’Alto au Xerox PARC. Ils avaient été invités par Xerox qui, ayant investi dans la toute jeune société Apple, souhaitait leur montrer ce qui était en cours de développement au PARC. Cette visite va donner une nouvelle orientation au projet Lisa, en cours depuis 1978. Naissance de Compuserve Online. Commercialisation du premier traitement de texte, WordStar, chez MicroPro. National Semiconductor reprend l’informatique d’Intel (mainframes compatibles IBM) pour former NAS. Lancement en France du programme Télétel à la norme Vidéotex, connu sous le nom de Minitel. Commodore CBM 3001 avec double unité de disquettes et imprimante à aiguilles (24.750 FF). Apparition du Motorola 68000, microprocesseur 16/32 bits à 8 MHz capable d’adresser 16 Mode RAM. Le langage de programmation Ada (du nom de la comtesse Augusta Ada Byron, première à «programmer» la machine analytique de Charles Babbage) est développé en France par une équipe de CII-Honeywell-Bull sous la direction de Jean Ichbiah.
1980
Juin : DEC, Intel et Xerox vont s’associer sur la base d’Ethernet. Juillet : IBM recherche un système d’exploitation pour son projet de micro-ordinateur, qui à part le BIOS repose sur des composants ouverts. IBM pense tout naturellement à CP/M de Digital Research, le plus répandu. Malheureusement, par un concours de circonstance, Gary Kildall rate cette opportunité et IBM se tourne vers Microsoft qui propose de lui fournir un basic et un système d’exploitation similaire à CP/M. Août : Tim Patterson de l’entreprise Seattle Computer Products développe en 2 mois, la version 0.10 de QDOS (Quick and Dirty Operating System), clone de CP/M reprogrammé pour les processeurs Intel 16 bits. En 1 mois de plus, l’éditeur EDLIN est développé. Il présentera QDOS sous le nom de 86-DOS en Septembre à Microsoft. En Octobre, Microsoft, cherchant alors dans l’urgence un système d’exploitation pour micro ordinateurs pour satisfaire la demande d’IBM, achète pour 50,000$, les droits de QDOS. Novembre : un contrat est signé entre Microsoft et IBM pour que Microsoft porte son Basic et un OS pour le futur micro-ordinateur de chez IBM. Microsoft recevra le premier prototype un mois plus tard. Wayne Ratcliff, ingénieur à la NASA écrit le premier logiciel de bases de données pour micro ordinateur : dBase II.
Les années 1980
Cette décennie vit apparaître le micro-ordinateur personnel, grâce à Steve Wozniak et Steve Jobs, fondateurs d’Apple Computer. Les premiers virus informatiques apparurent en 1981 (leur nom est dû à Leonard Adleman). En 1981, l’Osborne I, le premier ordinateur vraiment portable, fut mis sur le marché. IBM commercialise l’IBM PC. Microsoft va s’imposer en fournissant MS-DOS comme système d’exploitation et en négociant la garantie d’en conserver la propriété. En 1983, Création de la société Sun Microsystems par Andy Bechtolsheim, Vinod Khosla et Scott Mc Neally, tous étudiants à Stanford, dans le but de commercialiser une station de travail. En 1983, Apple commercialise Lisa, qui reprend les principes de l’Alto. C’est un échec commercial. La série des Apple II et Apple IIe continue à assurer les bénéfices de l’entreprise. En 1984, Apple commercialise le Macintosh. En 1985, Lancement du Cray 2, 4 processeurs, 1,9 Gflops, refroidissement par fluo-carbone. La même année, un professeur américain domicilié aux Pays-Bas, Andrew S. Tanenbaum, développa un système d’exploitation minimal, baptisé Minix, afin d’enseigner les concepts des systèmes d’exploitation à ses étudiants. En 1986, Sperry Corporation fusionne avec Burroughs Corporation et devient Unisys. En 1987, l’US National Science Foundation démarra NSFnet, qui devait devenir une partie de l’Internet actuel. En 1991, un étudiant finlandais, Linus Torvalds, décida de concevoir, sur le modèle de Minix, un système d’exploitation capable de fonctionner sur les architectures à base de processeur 80386 d’Intel. Le noyau, qui était alors au stade expérimental, devait être généré sur un système Minix. Linus baptisa son système Freax et posta le message suivant sur le groupe de discussion comp.os.minix :
«Hello everybody out there using minix – I’m doing a (free) operating system (just a hobby, won’t be big and professional like gnu) for 386(486) AT clones.»
Le nom de Linux vient en fait de la personne qui hébergeait le projet pour sa diffusion (version 0.0.1) et non d’un choix égocentrique de Linus. Il voulut un temps rebaptiser son système “Freax”, mais il était trop tard, le nom “Linux” s’était déjà imposé auprès des aficionados.
Les années 1990 et au-delà
On continue à développer des ordinateurs parallèles. L’informatique biologique, avec les récents travaux de Leonard Adleman sur l’utilisation de l’ADN comme calculateur non déterministe, ouvre de grandes perspectives. Le projet Génome Humain cherche à séquencer tout l’ADN d’un individu. Peter Shor découvre que l’on peut efficacement factoriser des entiers sur un ordinateur quantique (théorique), ce qui ouvre la voie à la programmation quantique. Les autoroutes de l’information relient de plus en plus les ordinateurs du monde entier. Les ordinateurs sont de plus en plus petits; naissance de la nanotechnologie.
Internet, L’idée révolutionnaire
C’est en 1962, alors que le communisme faisait force, que l’US Air Force a demandé à un petit groupe de chercheurs de créer un réseau de communication qui puisse résister à une attaque nucléaire. Le concept de ce réseau reposait sur un système décentralisé, ainsi si jamais une ou plusieurs machines avait été détruites, le réseau aurait continué à fonctionner. Il s’agissait donc d’un réseau purement militaire, et «indestructible»! Le modèle de Baran : Paul Baran, est l’acteur principal de la création d’Internet; c’est lui qui a eu l’idée, en 1962, de créer un réseau sous forme de grande toile. Il avait réalisé qu’un système centralisé était vulnérable car la destruction du noyau provoquait l’anéantissement des communications. Il mit donc au point un réseau hybride d’architectures étoilées et maillées dans lequel les données se déplaceraient de façon dynamique, en «cherchant» le chemin le moins encombré, et en «patientant» si toutes les routes étaient encombrées. Cependant, malgré ces concepts répertoriés sur onze volumes, le Pentagone refusa …L’ARPANET. Ce n’est que quelques années après que le projet fut repris (en 1969) pour relier quatre instituts universitaires: Le Stanford Institute, L’université de Californie à Los Angeles, L’université de Californie à Santa Barbara, L’université d’Utah. Le courrier électronique : C’est en 1972 que Ray Tomlinson mis au point un nouveau mode de communication: le courrier électronique, qui permettait l’échange d’informations au sein du réseau, ainsi il était possible de contacter un nombre impressionnant de personnes grâce à un seul mail. Voir à ce sujet « Histoire de la messagerie électronique (2ème édition)». Le protocole TCP : C’est le même Ray Tomlinson qui mit au point le protocole TCP, permettant d’acheminer des données sur un réseau en les fragmentant en petits paquets. La main mise du gouvernement américain : Lorsqu’en 1975 le réseau ARPANET était quasiment au point, le gouvernement américain décida de prendre le contrôle de l’ARPANET en le confiant à une organisation:
la United States Defense Communications Agency, renommée par la suite DISA («Defense Information Systems Agency» traduisez «Agence chargée des systèmes d’Informations à la Défense»).
Les grandes dates de L’Internet
1968
Vint Cerf effectue une démonstration de liaison d’ordinateurs par l’ARPA (Advanced Research Project Agency).
1969
La Département de la défense américain crée ARPANET. Le réseau, voué avant tout à la recherche militaire, est constitué de quatre ordinateurs appartenant à quatre instituts universitaires: inter reliés, également appelés nœuds. Le Stanford Institute, L’université de Californie à Los Angeles, L’université de Californie à Santa Barbara et L’université d’Utah.
1972
Bob Kahn organise une démonstration en reliant par le biais d’ARPANET quarante machines lors d’une conférence internationale sur les communications par ordinateur.Vint Cerf préside l’InterNet Working Group (INWG) qui a pour mandat de définir un protocole universel permettant à tous les ordinateurs et réseaux existants de se relier entre eux. Ray Tomlinson de la firme de consultants BBN développe un programme de courrier électronique (e-mail, forme abrégée de « electronic mail ») qui permet de diffuser et recevoir des messages sur le réseau.
1974
Les laboratoires Bell de ATT mettent au point le programme UUCP (Unix to Unix Copy Program), basé sur le système d’opération UNIX. Ce logiciel permet d’échanger des données par modem via le réseau téléphonique. Grâce à cette innovation, les utilisateurs UNIX tissent le premier véritable réseau planétaire, UUNET.
1979
USENET, l’ancêtre des BBS électroniques et des groupes de discussion, relie deux universités américaines. L’ARPA instaure le «Internet Configuration Control Board» (ICCB).Grâce à des subventions de la National Scientic Foundation, le CSNET (Computer Science NETwork) voit le jour. Ce nouveau réseau offre aux universitaires qui n’ont pas accès à ARPANET la possibilité de communiquer entre eux par courrier électronique.
1980
Une passerelle est jetée entre le réseau ARPANET et le CSNET. La jonction de ces deux grands réseaux signifie en quelque sorte la naissance d’Internet, ou le réseau des réseaux.
1981
Les Français découvrent l’univers de la télématique avec Minitel. Lancement de BITNET («Because It’s Time Network»), un réseau coopératif largement subventionné par IBM, qui espérait concurrencer la combinaison UNIX-TCP/IP. Le réseau est enrichi par le logiciel Listserv, qui permet de gérer facilement les échanges entre groupes de discussion et d’employer des listes d’envoi pour la diffusion de messages.
1982
Les protocoles TCP et IP (Internet Protocol), sont adoptés officiellement par la Défense américaine qui accepte de les distribuer gratuitement sur le réseau. L’expression «Internet» sert à désigner un ensemble de réseaux connectés entre eux.
1984
Introduction du système d’adresse numérique par domaines (DNS, Domain Name Server). Un «domaine» désigne un groupe d’ordinateurs hôtes ou de réseaux locaux relevant d’une même entité administrative, d’une université par exemple. Le Japon se dote d’un réseau, le JUNET (Japan Unix Network).
1986
La National Science Foundation crée NSFNET, un réseau à très haut débit (doté à l’origine d’une puissance de 6 kbps – kilobauds par seconde), pour permettre à l’ensemble de la communauté universitaire américaine d’accéder au réseau. Cinq super-ordinateurs sont mis en service pour fournir la puissance nécessaire à un nombre de plus en plus élevé d’utilisateurs. Le NNTP (Network News Transfer Protocol) est développé pour concurrencer les protocoles TCP/IP.
1990
Création de l’Electronic Frontier Foundation, par Mitch Kapor. Des chercheurs de l’Université McGill lancent ARCHIE, un logiciel de recherche de fichiers qui sondent périodiquement le contenu de plusieurs milliers de sites FTP.
1991
GOPHER, le premier logiciel de navigation et de recherche sur le réseau Internet, est mis au point par le service informatique de l’Université du Minnesota. Le World Wide Web est développé en Suisse par le CERN, un centre de recherche en physique. Il s’agit d’une nouvelle interface graphique conviviale incorporant textes, images, sons grâce au langage SGML (Single Generalized Markup Language), dont l’équivalent sur l’Internet sera le HTML (HyperText Markup Language). La puissance de NSFNET est portée à T3 (44.74Mbps). Diffusions des premiers messages documents audio et vidéo sur le réseau.
1993
Premières émissions de l’Internet Talk Radio.Les grands organismes internationaux tels que l’ONU et la Banque Mondiale s’affichent désormais sur le NET. Les Etats-Unis adoptent le «National Information Infrastructure Act».
1994
Avec l’introduction du navigateur Mosaic, puis de sa version commerciale Netscape, doté d’une interface graphique spectaculaire, qui intègre les ressources multimédias, le WWW connait une explosion absolument phénoménale. La collectivité a maintenant accès à l’Internet, par le truchement des fournisseurs de services.
1998
Explosion de l’internet Grand Public.



