Kesako DSI ?
Dans Wikipedia, il est écrit :
DSI est un sigle qui signifie :
- Directeur des systèmes d’information ou Direction des systèmes d’information selon qu’il désigne une personne ou une entité d’une organisation.
Il peut aussi vouloir dire :
- Direction des systèmes informatiques
- Diffusion Sélective d’Informations : personnalisation du contenu diffusé
Il peut s’agir également de l’abréviation de la revue mensuelle francophone Défense et sécurité internationale (DSI)
Bigre ! Heureusement que personne n’a eu l’idée de nommer une femme à ce poste, sinon on ne comprendrait plus si la DSI réfère à la personne ou le département. Remarquez, cela doit donner une dimension littéraire, à l’instar de Balzac qui s’est écrié: “Madame Bovary, c’est moi !”
C’est peut-être une classe polymorphe, me dit l’esprit programmeur qui sommeillait en moi. Une commerciale Devoteam m’a dit un jour : “je n’ai pas peur de l’appeler !” J’attends toujours le retour de son appel. Le DSI n’est certainement pas humain. C’est une représentation en 3D qu’on croise parfois, un concept onirique qui sublime notre espérance pour Des Sous Immédiatement…
Si le DSI était humain, il serait semblable à l’illustration dans le film Brasil, Brasil : un idole coursé par une foule qui cherche à lui faire signer plein de papiers, entre deux portes, deux couloirs…
Mais, Devoteam m’a permis d’en rencontrer cinq ou six même! Je me propose de vous partager mon expérience et d’avoir vos avis.
Le DSI ne peut pas être humain.
Le DSI comme une personne qui est responsable du budget informatique d’une entreprise, devant rendre des comptes à des lignes métier et gérant la DSI. La DSI est souvent localisé dans une DAF (Direction Administrative et Financière). Le DSI reporte donc à un supérieur qui n’a pas envie de comprendre l’informatique et gère des autistes qui ne pensent qu’en informatique. On peut encore noircir le tableau. Pour les utilisateurs de l’entreprise, le DSI est l’incarnation de la DSI et responsable de tous les maux. Pour ses équipes, le DSI est un arbitre entre plusieurs équipes -développement, intégration, production, qualité & méthodes-, donc un vendu !
On ne devient pas DSI par vocation. Il n’y a pas d’école de formation de DSI. Des cinq DSI que j’ai fréquentés dernièrement, 4 ont certainement gravi les échelons internes et sont proches de la retraite. Le premier n’a cessé de se lamenter sur les disfonctionnements de son département, le manque de reconnaissance des lignes métier et la lourdeur de l’entreprise. Le second a écouté poliment la commerciale Devoteam avant de dire qu’il va certainement être remplacé. Le troisième s’est excusé de nous avoir convoqué car son budget a été coupé. Le quatrième m’a laissé tout le temps pour déballer ma salade sur l’optimisation d’infrastructure avant d’expliquer qu’il avait dans ses équipes 6 administrateurs pour 500 serveurs.
Le DSI n’est pas humain ou alors c’est une fin de vie. Snifff.
L’exception existe ! Cherchons l’humain derrière le DSI
C’est suffisamment rare pour que je vous en parle et que nous réfléchissons à dénicher l’oiseau rare.
Ce type de DSI a des décisions à prendre et ne considère pas du tout son poste comme un mouroir. Au contraire, c’est quelqu’un de dynamique qui veut changer les choses. Il se considère comme l’articulation de l’entreprise d’aujourd’hui. Celle-ci ne peut se passer d’informatique mais n’a pas non plus la latitude de dépenser sans compter.
Ce type de DSI a une culture du métier de l’entreprise. Il pense y retourner un jour ou gère sa direction comme une ligne métier : avec des clients, des fournisseurs, des choix qui coûtent, des options à garder ouvertes le plus longtemps possible, etc. Il prend beaucoup son métier à cœur. Il se lève tôt et se couche tard. Il a des passions en dehors de la vie professionnelle et peut-être même une vie de famille. C’est un bosseur qui ne se plaint pas, déteste les excuses et choisit ses relations car il manque constamment de temps.
Avec cette définition, vous voyez que le DSI peut devenir notre interlocuteur privilégié si nous avons décodé son protocole de communication.
Il a tendance à se méfier des commerciaux qui n’en veulent qu’à sa bourse. Il joue alors le rôle de l’acheteur et c’est pénible parce que du coup, on se retrouve avec deux acheteurs pour la même société ! Par contre, il aime bien les bosseurs et valorise les commerciaux qui ont de la présence, chouchoutent les consultants, n’ont pas peur de prendre les conflits à bras le corps. Il sait que c’est du boulot. Cela lui arrive de faire un boulot similaire de temps en temps avec ses équipes.
Il a un besoin immense de délégation. Son rôle est d’élaborer, maintenir et faire évoluer la stratégie d’information de l’entreprise et il a besoin de relais pour l’exécution. Il cherche des hommes de confiance qui savent naviguer rapidement entre la stratégie et la tactique, entre les lignes de métier et la technique, entre les différentes technologies et les instances de décision de son organisation. Il sait que c’est du boulot. C’est une activité qui le pèse mais on ne confie pas à n’importe quel médecin, ses soucis de santé…
Il saura rémunérer la prestation de qualité. C’est une personne rompu aux techniques de combat en interne, un apparatchik qui n’a pas peur de dire ” Ah oui, le Directeur du Crédit Taux a été appelé à 4h du mat en urgence ? Bien fait pour lui ! Il n’a qu’à mieux gérer son équipe de développement. ” Il a besoin d’indicateurs d’amélioration continue, des valeurs que quelqu’un prélève à la source dans les services d’exploitation pour lui amener sur un plateau afin qu’il pilote son porte-avion. D’ailleurs c’est un partenaire fidèle qui redemandera de la prestation à 1000 euros pourvu que cela lui permet d’être mieux placé dans le benchmark qui le compare à d’autres DSI du même secteur.
C’est ce type de DSI qu’il faudra identifier en 2008. C’est ce type de DSI qui montrera que les appels d’offre ne représentent qu’un vingtième du potentiel des affaires. C’est auprès de ce type qu’il faut déployer un effort d’avant-vente pour identifier les 19 projets qui ne voient pas le jour. Sur 19, nous serons mis en concurrence sur 10. Sur 10, nous en gagnerons 5, grâce à la pertinence de notre réponse. Quel changement par rapport à aujourd’hui où nous gagnons 1 sur 4 des appels d’offre, pour diverses raisons : pas de ressource disponible, prix, périmètre d’intervention, etc.




#1 by Daniel Kervarec - November 14th, 2008 at 16:21
Merci Chuyen Huynh Huu, cette lecture était rafraîchissante et amusante
Daniel Kervarec
Directeur de Publication Newsitweb.info, la newsletter ITIL