Les 16, 17 et 18 mars 2010 s’est tenue la 11me édition du salon Solutions Linux / Open Source au parc des expositions Paris Porte de Versailles.
Au fil des ans, on n’a pu que constater la diminution progressive de la taille de cet événement. Malgré tout, ce salon reste incontournable, avec 220 exposants, des tables rondes, des ateliers, des cycles de formations et son village associatif caractéristique.
Cette édition confirme la tendance d’industrialisation des produits Open Source : on ne retrouve plus de petite société indépendante, tous les stands professionnels sont tenus par des acteurs majeurs ou par des conglomérats de PME.
On remarque en premier lieu Linagora, qui occupe le plus grand stand du salon, immédiatement à l’entrée. Alors qu’ils ont exposé en partenariat avec Cap Gemini par le passé, ils reviennent en leur nom propre, preuve qu’il faut conserver une identité forte liée à l’Open Source.
Microsoft confirme son intérêt envers l’Open Source en présentant plusieurs aspects de leurs métiers, l’interopérabilité étant visiblement le point qu’ils veulent mettre en avant.
Quelques éditeurs de distributions, mais les “gros” boudent ce salon : Canonical est présent, ainsi que Mandriva ou IPBrick… mais on ne retrouve ni Novell, ni Red Hat.
On retrouve également plusieurs constructeurs, notamment Bull et SuperMicro. Linutop est également présent pour présenter la “Linutop 3″ : le mini-PC a le vent en poupe ! Par contre, le multimédia se fait discret : Archos n’est pas présent, ni aucun acteur professionnel de la téléphonie mobile libre (autour d’Android par exemple). L’absence d’IBM est également étonnante, alors même qu’ils avaient le plus grand stand plusieurs fois par le passé.
Les petites sociétés de services, soucieuses d’offrir aux clients une meilleure garantie quant à leurs compétences, forment des alliances pour appuyer leur présence : le réseau Libre Entreprise est présent depuis plusieurs années, et on remarque maintenant également Alliance Libre, une association de 30 professionnels nantais.
La présence du Village Tunisien confirme la tendance pro-libre en Afrique du Nord.
Du côté professionnel encore, on constate une forte présence des hébergeurs, et l’apparition massive d’offres de cloud computing. Ikoula, Agarik, Ecritel, Alter Way… La professionnalisation et la généralisation des offres d’hébergement externes est évidente.
On passe maintenant au village associatif. La frontière entre “les pros” et “les assos” est nettement moins visible que par le passé. Même si certains stands reposent toujours sur des bouts de ficelles, les associations elles-mêmes semblent s’industrialiser, conscientes de leur importance dans ce marché et de l’intérêt grandissant des entreprises pour ce domaine. On reste dans le domaine des geeks chevelus et/ou barbus, mais leurs réponses se font plus professionnelles, on est face à des experts et on le sait.
Exit les associations fun, Copine De Geek n’a existé qu’un temps, Nekeme (développement de jeux libres) n’est plus… Par contre, les solutions pour l’entreprise sont bien représentées : Nagios-FR, Asterisk-France, GLPI… On retrouve aussi les groupes d’utilisateurs de développeurs des systèmes d’exploitation libres et communautaires majeur : Fedora, Ubuntu, NetBSD, FreeBSD… L’absence d’une association autour de Debian confirme-t-elle les craintes que certains ont eues lors de l’apparition d’Ubuntu ? Espérons que l’absence de cette communauté n’est pas liée à un désintérêt.
Les associantions tiennent aussi un rôle de R&D et de catalyseurs, prenons pour exemple Hackable-Devices, qui présente une imprimante 3D à bas coût pilotée grâce à des logiciels libres. Les associations majeures sont toujours là : April, AFUL, ABUL… elles assurent la communication autour de la vente liée, les brevets logiciels, et d’autres sujets sensibles…
Au final, on peut regretter un salon qui se fait de plus en plus petit, mais il reste également représentatif de la tendance actuelle, qui s’oriente vers une professionnalisation du domaine de l’Open Source et une présence de plus en plus marquante du cloud computing et de l’externalisation de l’hébergement de manière plus générale.



