Une Conférence sur le thème du télétravail a été donnée par Yann Fareau et Catherine Duval au GSDays du 30/11/2010.
Le fil rouge de cette journée était « frontière entre vie privée et vie professionnelle ».
En dehors même du télétravail, force est de constater que les concepts du travail évoluent.
De nouvelles formes de travail éloigné de l’entreprise vont progresser, et sont induites par : L’accroissement du tout numérique, de l’ADSL chez les particuliers , de La téléphonie mobile, des progrès de la vidéoconférence, de l’usage des Netmeeting qui offrent aux salariés et aux entreprises des possibilités de réunion à distance, et des outils collaboratifs en ligne où les fichiers sont consultables, modifiables depuis n’importe quel poste sur Internet (depuis le domicile).
Tous ces « usages» participent à la mobilité des travailleurs et conduisent à une mise en cause , des concepts d’unité de temps et de lieu et des frontières entre vie professionnelle et vie privée.
Le cadre juridique doit se préciser, c’est pourquoi un projet de loi a été élaboré cette année. La volonté du gouvernement étant d’élargir au plus grand nombre cette nouvelle forme de travail. Actuellement seul un accord national de branche encadre ce mode d’organisation du travail.
Deux notions pour désigner le télétravailleur ; le télétravailleur qui a un contrat de travail organisant son cadre de travail et qui pour l’essentiel travaille depuis son domicile, et le travailleur mobile qui travaille à son domicile et à l’entreprise mais aussi lors de ses déplacements quotidiens.
Le travailleur mobile est en progression en France, alors même que la progression du télétravailleur est ralentie,
Ce ralentissement est essentiellement du à deux freins juridiques et managériaux, que sont les problématiques d’accident de domicile (travail) et les managers qui ont du mal à passer à un management par objectif.
Pourtant de nombreux avantages existent, il améliore les conditions de travail des salariés et offre de nombreux gains à l’entreprise qui le met en oeuvre.
En termes par exemple d’efficacité du télétravailleur, d’économie pour l’entreprise et de plan de continuité d’entreprise en cas de pandémie grippale….
Mais des précautions sont à prendre pour protéger le patrimoine informationnel de l’entreprise.
La sécurité de l’entreprise nécessite un SI adapté, avec des règles de confidentialité et un accès sécurisé au réseau de l’entreprise. Deux risques principaux que sont la diffusion de l’information (vol de l’information) et la pollution SI (virus) sont à prendre en compte, lors de la mise à disposition d’outils aux télétravailleurs.
Le télétravail suppose une relation de confiance et un management par objectif, mais l’entreprise peut continuer à contrôler le salarié. Alors comment mesurer et contrôler le temps de travail ?
Ce contrôle doit s’opérer dans le respect de certaines libertés individuelles.
Cette surveillance à distance s’avère d’un maniement délicat, dans la mesure où elle est susceptible de porter atteinte à plusieurs principes fondamentaux, concernant : le secret des correspondances, la collecte et le traitement automatique d’informations nominatives, et le respect de l’intimité de la vie privée.
Alors que le train est en marche, le développement des outils de nomadismes vont nous obliger à travailler autrement. Mais ceci ne doit pas être fait au détriment de la vie privée du salarié et de la sécurité de l’entreprise. Pour établir la frontière entre vie privée et vie professionnelle il faut agir sur le temps de travail en définissant des plages horaires de travail à distance, il faut un aménagement du territoire, qui permette l’accès aux moyens de communications modernes, à tous, salariés et entreprises. Ensuite à chaque entreprise de définir sa politique de partage des usages privés et professionnels.
Faut-il séparer les outils en fonction de l’usage ou partager l’outil en applications différentes en fonction de l’usage privé ou professionnel ? A suivre les développements de silos et autres applications qui permettent d’avoir les 2 usages sur un même téléphone.



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#1 by Nicole Turbé-Suetens - December 10th, 2010 at 20:07
Il est évident que le sujet de la frontière entre la vie pro et la vie perso devient un sujet important du fait de l’intensification des usages des TIC. Le télétravail n’est qu’un révélateur de cette évolution des conditions de travail et il y a de fortes chances pour que son évolution se poursuive comme c’est le cas dans d’autres pays. Là, où je me permets de vous contredire, c’est sur le sujet du télétravail sédentaire qui ne diminue pas puisque le nombre d’accords d’entreprise augmente. Ce n’est d’ailleurs que par la signature d’un accord ou au moins d’un avenant au contrat de travail que le sujet de l’accident de travail est évacué au lieu de rester une excuse pour ne pas faire. Par contre, le frein managérial et le retard français dans le management par objectifs sont de vrais freins qui ne se règleront pas par la loi. Je suppose que vous faites allusion à la proposition de loi de 2009, car je n’ai pas connaissance d’un projet de loi en 2010 sur le sujet du télétravail.
Quant au sujet du contrôle que vous évoquez, la hantise viscérale du manager français, il faudrait être prudent dans la manière dans parler car la loi est précise sur ce sujet (télétravail ou pas) et il peut être dangereux d’abuser du sujet sans réel besoin pour le bon déroulement des activités qui sont confiées au salarié.
Le respect de la vie privée du salarié est une des responsabilités du manager… et il semble que dans bien des cas il n’en soit pas parfaitement conscient. La technologie mise à la disposition du salarié pour (télé)travailler n’est pas un outil pour déranger le salarié à toute heure, week-end compris.