Les solutions de visioconférence ont enregistré ces deux dernières années un intérêt et des investissements croissants dans les entreprises, principalement grâce à l’émergence de solutions entièrement sur le protocole IP qui viennent progressivement remplacer les solutions à base de technologies RNIS. Cette croissance est favorisée par la conjonction de plusieurs facteurs aussi bien technologiques (intégration simplifiée dans les solutions de téléphonie sur IP, émergence de la visioconférence Haute Définition) que fonctionnels (limitations des déplacements, développement durable, travail collaboratif). Cette tendance n’est pas près de s’inverser si l’on considère l’arrivée de poids lourds comme Microsoft sur le marché des communications unifiées, tout est fait pour banaliser l’usage de la visioconférence..
Depuis quelques mois, en marge de ce phénomène, une nouvelle étape se profile et a retenu l’attention de bons nombre d’acteurs du CAC 40, il s’agit de la téléprésence. Jusqu’à alors réservée à certains films de science fiction ou à des recherches exploratoires dans des laboratoires affranchis de tout contingence de bande passante, la téléprésence poussée par des constructeurs comme Polycom, HP, Tandberg ou Cisco est en train de faire sa place au sein des quartiers généraux des grandes multinationales.
Une réunion virtuelle
La télépresence permet d’organiser des réunions virtuelles à distance et de faire abstraction de la distance qui sépare les interlocuteurs donnant ainsi, le sentiment, qu’ils sont en face à face. Matériellement, lLa téléprésence s’appuie sur un ensemble de trois grands composants (le lien IP, le mobilier et la vidéoconférence à haut débit) pour favoriser une communication naturelle entre les individus. Même à des milliers de kilomètres, les participants ont réellement l’impression d’être physiquement présents dans la même salle.
Contrairement à des solutions de vidéoconférence classiques, la téléprésence nécessite d’équiper spécifiquement la salle de réunion pour mettre les participants en situation. De part et d’autre de la réunion virtuelle, les participants sont dotés du même type d’équipements. Le mobilier constitue l’un des premiers éléments à mettre en œuvre dans chacune des salles. Les participants sont installés autour d’une table en arc de cercle et face à un mur d’écrans géants haute définition. Les participants distants apparaissent sur les écrans (en taille réelle) autour d’une autre table qui n’est que virtuellement le complément de celle présente dans la salle. La qualité des écrans et de la sonorisation (spécifique et intégrée à l’équipement de la salle), la taille à échelle réelle des interlocuteurs contribuent à avoir le sentiment de présence physique. Il ne subsiste plus aucun des inconvénients des réunions à distance (qualité de l’image, délais, etc).
Cisco, lors d’un show mené par son CEO John Chambers, a récemment poussé le concept un peu plus loin, en projetant l’image de l’interlocuteur distant en grandeur réelle sur une fine membrane transparente. Grâce aux images en haute définition, l’illusion était alors parfaite donnant l’impression que le CEO de Cisco discutait avec un hologramme présent à ses côtés sur la scène. Cette démonstration a fait beaucoup pour susciter un véritable buzz autour de ces technologies.
La téléprésence nécessite d’investir également dans des équipements de visioconférence sur IP très perfectionnés capable de compresser avec des codecs performants des images haute définition, seuls quelques grands constructeurs maitrisent aujourd’hui cette technologie. Par ailleurs les deux sites doivent être interconnectés par un lien IP supportant des débits parfois élevés (de 5 à 15 mb/s) et supportant des flux multimédias (gigue et délais exigeants), ce qui peut parfois freiner certaines entreprises. Leur mise en œuvre nécessite donc un travail en amont de préparation sur la performance des réseaux (LAN et WAN), sur la mise en œuvre de l’infrastructure audiovisuelle et de s’appuyer sur un opérateur capable de véhiculer ce type de flux avec les bons engagements en terme de qualité de service.
La mise en œuvre devra également être précedée d’une étude financière qui mettra en balance les économies réalisées sur les déplacements et la flexibilité d’organisation par rapport aux coûts d’investissements (de 100 à 400 k€) et aux coûts d’exploitation et de maintien en conditions opérationnelles de ces solutions.
On le voit ce type de technologies est encore réservé à une population de CEO de grands groupes, mais les économies induites en termes de voyage (en classe affaire souvent) et de temps ainsi que la qualité de la communication qui en découle font que dans la plupart des cas « l’essayer c’est l’adopter ». Il est alors fort à parier que nos CEO convaincus, n’hésiteront pas dans un futur proche à partager ces outils avec leurs équipes !
Laurent Auzely
EXAPROBE – Groupe Devoteam



