Ces dernières années la BI est parvenue à maturité sur divers aspects de l’architecture :
Les ETL sont devenus performants tout en gardant leur convivialité et ont supplanté les dévelopements d’alimentation spécifiques (PL-SQL, PRO*C,…)
L’alimentation temps réel est aussi en train de devenir une réalité.
Les outils de reporting sont désormais disposés à faire du reporting de masse et toucher des centaines d’utilisateur sans déploiement contraignant.
Il restait un dernier maillon de la chaine à optimiser.
Les besoins d’analyse croissants, croisés avec l’envolée des volumes des datawarehouses, fait exploser les modèles relationnels classiques.
Les technologies OLAP sont lourdes à mettre en oeuvre et peu flexibles, même si elles sont performantes en requêtage.
A travers la solution illuminate, je veux mettre l’accent sur une des prochaines voies d’avancée technologique pour la BI.
La solution illuminate propose une technologie révolutionnaire permettant, selon les dires de l’éditeur, d’allier performances extêmes et flexibilité des dimensions : la “Correlation Database”.
Voici le principe : les données ne sont pas stockées en tables ni en colonnes, mais en cellules autonomes.
Plus de schéma prédéfini, on peut donc lancer des requêtes suivant des axes d’analyse dynamiquement sans lancer un projet d’ajout de dimension au cube existant.
Plus de détails sur le site
et sur cet article decideo :
http://www.decideo.fr/Un-petit-pas-pour-les-donnees,-un-grand-pas-pour-la-BI_a3300.html
Cette approche est intéressante à plusieurs titres :
- Beaucoup de grands acteurs du marché de la BI se sont tournés vers les appliances (IBM notamment avec IBM Performance Server) pour résoudre le problème de volumétrie croisante. Cette solution prend le contrepied des choix du “plus de puissance dédiée” au profit d’une approche nouvelle.
- A part Sybase IQ (qui ne perce pas sur le marché, sans doute à cause du manque de poids de sybase sur le marché des bases de données) , il n’y a pas d’offre.
Il reste néanoins selon moi un certain nombre de questions à élucider pour que cette technologie prometteuse puisse percer :
1/ Elle est destinée à un marché de niche, l’analyse et l’exloration de données. Ce marché sera-t-il suffisant? Ou faudra-t-il trouver de nouveaux marchés à occuper pour assurer la pérennité de l’éditeur? Quand on sait que Teradata se positionne sur le marché du MDM, cette question prend tout son sens.
2/ Comme toute technologie nouvelle, les personnes maitrisant illuminate doivent se compter sur les doigts d’une main en Europe.
Quelle sera la politique de l’éditeur pour faire adopter le produit par les DBA des entreprises? SAS avait initié le programme SAS Academic Program, programme permettant à des étudiants d’obtenir des licences SAS temporaires pour se familiariser avec le produit, et ainsi démultiplier le nombre d’utilisateurs potentiels de ses solutions. Quelle sera la politique de l’éditeur? Ceci est pour moi un point critique pour l’adoption de la solution.
3/ A l’heure de la rationnalisation du SI et de l’interopérabilité ( démarches ITIL, urbanisation avec l’architecture SOA) comment va s’inscrire ce produit dans cette nouvelle organisation du SI?
4/ Quelle sera la réponse d’Oracle, l’acteur majeur du marché des bases de données? La logique issue du rachat de Sun est qu’Oracle propose à terme des appliances machines Sun-Oracle, mais Oracle n’est historiquement pas un constructeur de machines. Oracle cherche aussi à améliorer le stockage des bases au travers d’une option de compression disponible en V11. Quelle voie sera finalement choisie?
Cette solution offre en tout cas de belles perspectives, au même titre que l’Open source. A suivre.
Guillaume Busson




#1 by Guillaume Busson - August 18th, 2009 at 08:03
Voici un lien intéressant qui illustre encore une fois mon propos. C’est une annonce de Netezza qui infléchit sa stratégie en proposant des blades Intel “customisées” pour ses machines, et non son architecture traditionnelle. http://www.decideo.fr/Netezza-entre-ouvre-la-porte-du-standard_a3371.html